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Chiffres révisés de Statistique Canada: le Canada a créé 42 000 nouveaux emplois en juillet

15/08/2014 08:38 EDT | Actualisé 15/10/2014 05:12 EDT
Reza Estakhrian via Getty Images

OTTAWA - La solide réputation de Statistique Canada a encaissé un dur coup vendredi, lorsqu'elle a publié une version corrigée d'un de ses rapports les plus suivis.

L'agence nationale avait erronément indiqué que l'économie n'avait créé que 200 emplois en juillet — ce qui avait fait sourciller plusieurs économistes qui s'attendaient à ce que ce chiffre soit plus près de 20 000.

Mais il appert que les chiffres de Statistique Canada étaient bien loin du compte réel: le rapport révisé de l'agence fait maintenant état d'un gain net de 42 000 emplois pour le mois dernier.

Les mauvais chiffres sont attribuables à une mise à jour du système de traitement de l'enquête mensuelle sur la population active, un exercice entrepris à chaque 10 ans.

Un des programmes n'a cependant pas été mis à jour dans l'opération — une erreur humaine, a précisé Statistique Canada —, ce qui a entraîné une exagération du nombre d'emplois à temps plein perdus.

Les «bonnes» données montrent qu'en fait, 18 000 emplois à temps plein ont été perdus en juillet, soit bien moins que les 60 000 précédemment annoncées. Les chiffres initiaux excluaient certaines personnes de la population active, a précisé l'agence.

Le nombre de nouveaux emplois à temps partiel est resté inchangé à environ 60 000.

L'erreur n'a pas eu d'impact sur le taux de chômage du Canada, qui est resté à sept pour cent, en baisse d'un dixième de point par rapport au mois de juin.

Malgré tout, les économistes n'ont pas été trop durs envers Statistique Canada.

«De toute évidence, avoir fait une erreur de cette ampleur est quelque chose de gênant, pour un rapport si important», a estimé l'économiste en chef de la Banque CIBC, Avery Shenfeld, «mais il est mieux d'admettre l'erreur et de la corriger, ainsi que de mettre en place certains procédés pour éviter qu'elle ne se reproduise pas, que de l'avoir balayée sous le tapis, quelque part.»

Le portrait d'ensemble est plus important que les données mensuelles, a pour sa part noté le ministre canadien des Finances, Joe Oliver.

«Les chiffres mensuels sur l'emploi peuvent être volatils», a-t-il observé dans un communiqué. «La tendance à long terme de la croissance de l'emploi au Canada est plus importante.»

Le mauvais rapport de juillet a eu de réelles conséquences pour les gens qui ont fait de nouvelles demandes d'assurance-emploi. Ottawa a suspendu les nouvelles demandes le temps que Statistique Canada corrige l'erreur.

Les données mensuelles sur l'emploi sont utilisées pour déterminer les taux de chômage régionaux, qui ont un impact direct sur le nombre de semaines qu'une personne sans emploi soit avoir travaillé pour être admissible aux prestations d'assurance-emploi.

Statistique Canada a fait bonne figure vendredi et a insisté pour dire qu'elle restait confiante par rapport à la qualité de ses données.

«Je suis pleinement confiant dans l’intégrité du programme de l’enquête sur la population active», a déclaré dans un communiqué le statisticien en chef du Canada, Wayne Smith.

«Il s’agit d’un incident isolé. Statistique Canada produit et continuera de publier des renseignements statistiques pertinents et de grande qualité sur tous les aspects de l’économie et de la société canadienne.»

L'agence a indiqué avoir lancé un examen interne afin de déterminer comment l'erreur a été introduite et comment elle a pu passer inaperçue.

La nouvelle version du rapport comprenait quelques changements par rapport à celui de la semaine dernière. Le taux de participation de juillet s'est notamment établi à 66,1 pour cent, plutôt qu'à 65,9 pour cent, tandis que le taux d'emploi était de 61,4 pour cent, et non de 61,3 pour cent.

En outre, un plus grand nombre de personnes détenaient un emploi dans les groupes d'âges de 15 à 24 ans et de 25 à 54 ans.

Du côté des données provinciales, les chiffres corrigés de juillet ont principalement touché l'Ontario et le Québec. Le gain net en Ontario est passé de 15 100 à 39 500 nouveaux emplois, tandis que la perte de 13 400 emplois au Québec s'est transformée en gain de 1900 emplois.

«On est satisfait du fait qu'il y ait un bilan légèrement positif», a observé le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, de passage au Témiscouata à l'occasion de la fête des Acadiens.

«Mais je ne ferai pas de jovialisme avec ça, je pense qu'on doit faire beaucoup mieux. Je remarque quelques signes encourageants, notamment le fait que l'emploi privé semble maintenant prendre la relève de l'emploi public, ce qui est une bonne nouvelle parce que c'est de là que va venir le gros de la création d'emploi au cours des prochaines années.»

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