POLITIQUE

Virage techno dans les taxis de Montréal

14/08/2014 04:24 EDT | Actualisé 14/08/2014 06:26 EDT
Shutterstock / Shaiith

Écrans publicitaires, géolocalisation, paiement électronique. La Ville de Montréal a plusieurs mesures dans ses cartons afin de faire « prendre le virage technologique et numérique » à son industrie du taxi.

Un texte de Dominique Scali

Dans sa Politique sur l'industrie du taxi, rendue publique jeudi, la Ville de Montréal s'engage à permettre la géolocalisation et à « rendre obligatoire la possibilité de payer par voie électronique dans tous les taxis ».

Dans l'optique de faciliter l'autofinancement de l'industrie, la Ville suggère aussi que des écrans interactifs soient installés dans les véhicules. Ces écrans serviraient à diffuser de la publicité et des informations sur l'offre culturelle et touristique du moment.

« Si nous voulons avoir une industrie du taxi du 21e siècle, [...] faire comme les autres grandes métropoles, comment se fait-il que nous n'avons pas de publicité à l'intérieur? » — Denis Coderre, maire de Montréal

Ces bonifications technologiques viennent s'ajouter à l'installation obligatoire de caméras de surveillance dans tous les taxis, une mesure annoncée le 30 juin dernier en réaction à l'assassinat du chauffeur Ziad Bouzid en novembre 2013.

L'effet dissuasif des caméras dans les taxis a été prouvé dans plusieurs études, a rappelé Denis Coderre lors du dévoilement de la politique. Le maire présente d'ailleurs l'enjeu de la sécurité des chauffeurs comme « sa » priorité. « On est en retard. C'était pour hier », dit-il.

Le fait de rendre obligatoire la possibilité de payer par carte devrait aussi contribuer à réduire les agressions envers les chauffeurs. « Moins tu as de liquide sur toi », plus c'est sécuritaire, explique M. Coderre.

Normes professionnelles

La Ville cherche également à améliorer le service à la clientèle des taxis. Pour ce faire, la politique mise sur une amélioration de la formation des chauffeurs, tant pour assurer leur sécurité que pour améliorer le service auprès des aînés et des personnes à mobilité réduite.

De par l'importance de leur rôle auprès des touristes, les chauffeurs contribuent au rayonnement de Montréal. La Ville s'engage ainsi à bonifier le rôle de « chauffeur ambassadeur », notamment en vue du 375e anniversaire de la métropole, qui sera célébré en 2017.

De plus, les véhicules devront éventuellement avoir une signature visuelle distinctive et uniforme.

« L'intérieur du taxi doit être un appendice à ton début de voyage. » — Denis Coderre

Le maire admet que certains chauffeurs manquent parfois de professionnalisme, notamment sur le plan de la propreté, ce qu'il entend changer en encourageant les inspections de véhicules et l'établissement de normes professionnelles.

« Un taxi, c'est pas une cuisine. [...] On n'a pas besoin d'attendre jusqu'en 2017 pour que ça sente bon », résume M. Coderre.

Taxis verts

Afin de miser sur les déplacements écologiques, la Ville veut implanter des véhicules hybrides ou électriques et accélérer l'installation de bornes électriques.

Le volet électrification de la politique prendra toutefois plus de temps que les autres, puisqu'il nécessitera d'instaurer des mesures de remplacement des véhicules. Le gouvernement provincial pourrait aussi être mis à contribution par des mesures incitatives.

M. Coderre rappelle toutefois que le nouveau statut de métropole que Montréal devrait acquérir dans le futur lui permettra d'obtenir un transfert de budget du gouvernement provincial vers la Ville.

La Politique sur l'industrie du taxi devrait être entérinée par le conseil municipal le 18 août, puis par le conseil d'agglomération le 21 août. L'élaboration d'un plan d'action suivra.

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