NOUVELLES

USA: un journaliste sommé de révéler ses sources va "continuer à se battre"

14/08/2014 04:35 EDT | Actualisé 14/10/2014 05:12 EDT

Un journaliste du New York Times, sommé par la justice américaine de révéler ses sources dans une affaire impliquant la CIA, a promis jeudi qu'il allait "continuer à se battre" pour les protéger.

James Risen risque la prison pour avoir refusé de donner le nom de sa source pour son compte-rendu d'une opération de l'agence du renseignement en Iran.

Il s'est exprimé lors d'une conférence de presse à Washington, organisée pour le soutenir par plusieurs associations de défense de la liberté de la presse, dont Reporters sans frontières.

"Cela ne me concerne pas personnellement. Ce sont des problèmes qui concernent le journalisme et tous les Américains", a affirmé M. Risen.

"Ce que je sais maintenant c'est qu'avec tous ces gens venus m'apporter leur soutien, je veux continuer à me battre", a-t-il ajouté. "Je veux m'assurer que les futurs reporters bénéficieront des mêmes protections que moi dans ma carrière".

Les associations ont remis jeudi au département de la Justice une pétition signée par plus de 125.000 personnes réclamant la fin des poursuites contre le journaliste.

"Votre action pour obliger le reporter du New York Times James Risen à révéler ses sources est une atteinte à la liberté de la presse", affirment-elles dans la pétition. "Sans confidentialité, le journalisme serait réduit à traiter les histoires officielles", plaident-elles.

"Ce type de poursuites judiciaires agressives a envoyé un signal dangereux aux autres gouvernements qui seraient tentés d'utiliser la sécurité nationale (...) comme prétexte pour s'attaquer à la liberté de la presse", a estimé Courtney Radsch, du Comité de protection des journalistes.

Les procureurs poursuivent M. Risen depuis 2006, réclamant qu'il confirme le nom d'un homme qu'ils estiment être sa source dans son livre "State of War", sur la CIA et l'administration Bush.

M. Risen refuse notamment sa convocation pour témoigner au procès d'un ancien responsable de la CIA, Jeffrey Sterling, accusé d'avoir rendu publiques des informations confidentielles.

Début juin, la Cour suprême des Etats-Unis avait refusé de se saisir de l'affaire, maintenant donc l'injonction faite au journaliste.

Le syndicat national des journalistes, la Newspaper Guild, a honoré mercredi M. Risen du prix de la liberté de la presse pour avoir "risqué sa propre liberté afin de protéger les principes essentiels d'une presse vraiment libre".

Une vingtaine de journalistes lauréats du prix Pulitzer ont aussi exprimé leur soutien à M. Risen.

rl/rcw/are/elm

PLUS:hp