POLITIQUE

Régimes de retraite: moins d'argent pour les citoyens, dit Richard Bergeron

14/08/2014 10:12 EDT | Actualisé 14/08/2014 10:12 EDT
PC

QUÉBEC - Le projet de loi 3 du gouvernement Couillard obligera les villes à couper dans les services aux citoyens, dit le chef de l'opposition officielle à la Ville de Montréal, Richard Bergeron.

En vertu de l'article 10 du projet de loi sur les régimes de retraite des employés municipaux, les villes seront désormais obligées de rembourser, sur une période de 15 ans, leur part du déficit accumulé.

Pour la Ville de Montréal, le déficit accumulé représente entre 1,6 et 2,1 milliards $, selon les calculs. La part que Montréal devra rembourser au cours des 15 prochaines années s'élève donc à près d'un milliard de dollars.

Pour y arriver, Montréal devra allouer tous ses nouveaux revenus au remboursement du déficit, dit le chef de Projet Montréal. «L'argent neuf va aller là.»

Richard Bergeron affirme que le «renflouement» de la caisse de retraite coûte en moyenne 565 millions $ annuellement aux Montréalais depuis 2011. Pour y arriver, Montréal utilise notamment la taxe sur le stationnement au centre-ville, les droits d'immatriculation des automobilistes de la métropole et les revenus tirés des nouvelles constructions.

«Cet argent-là, on ne l'a pas pour faire autre chose», lance le chef de l'opposition à la Ville de Montréal.

Les taxes sur le stationnement et sur les droits d'immatriculation devaient initialement servir à financer le plan de transport de la Ville, rappelle Richard Bergeron. «Mais cet argent-là n’est jamais allé au plan de transport», dit-il.

Et pour éviter de hausser les taxes, la Ville de Montréal devra couper dans les services. «C'est ce qu'on fait déjà», souligne Richard Bergeron.

«Il y a eu du retard dans l'amélioration des équipements sportifs, du retard dans le financement des bibliothèques, etc. Ce sont toutes les autres fonctions de la Ville qui ont été comprimées pour s'assurer de fournir cette contribution.»

Richard Bergeron s'attend à de nouvelles compressions pour fournir l'effort supplémentaire exigé par le projet de loi 3.

Malgré tout, le chef de Projet Montréal se dit d'accord avec les principes généraux du projet de loi 3. «Suite au rapport D'Amours, on demandait tous [les chefs des partis montréalais] que le gouvernement prenne ses responsabilités pour nous aider à passer au travers de la crise», dit-il.

Coderre envenime le débat

Toutefois, Richard Bergeron déplore l'attitude du maire de Montréal, Denis Coderre, dans le dossier. Il rappelle une conférence de presse que ce dernier a donnée le jour de l'adoption du projet de loi, en compagnie du maire de Québec. «Ils avaient une attitude triomphale, ils festoyaient à la télévision», dit Richard Bergeron.

«Il eut fallu reconnaître la dureté de ce projet de loi pour les syndicats et démontrer un peu d'empathie», ajoute-t-il.

Richard Bergeron déplore l'intention du maire de poursuivre les syndiqués qui ont apposé des autocollants pour dénoncer le projet de loi. «Denis Coderre fait tout ce qu'il peut pour envenimer le débat», dit-il.

Pourtant, une fois le projet de loi 3 adopté, les maires devront s'asseoir avec les syndiqués pour négocier les modalités des remboursements. «Si on continue sur ce ton-là, dit Richard Bergeron, on n’est pas sortis du bois.»

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