POLITIQUE

Réduction de crédits d'impôt : des studios de jeux vidéo songent à quitter Montréal

14/08/2014 06:11 EDT | Actualisé 14/10/2014 05:12 EDT
ICI Radio-Canada/David Savoie

Certains concepteurs de jeux vidéo envisagent de quitter Montréal, après les récentes réductions de crédits d'impôt annoncées par le gouvernement Couillard en juin. Pour les plus petits studios, cela n'a fait qu'exacerber une situation financière déjà difficile.

Un texte de David Savoie

Pour plusieurs compagnies, il faudrait un meilleur accès au capital, un soutien plus important au démarrage de l'entreprise. À l'heure actuelle, tout le financement au démarrage est assuré par le gouvernement fédéral, à travers le Fonds des médias canadiens. Par la suite, les entreprises peuvent bénéficier de crédits d'impôt du Québec, mais le gouvernement Couillard a décidé de les diminuer. La situation actuelle amène plusieurs entreprises à regarder du côté de l'Ontario, où les crédits d'impôt sont maintenant supérieurs de 15 % et où la province appuie les entreprises pour leur premier projet.

L'Alliance numérique, qui représente les concepteurs dans la province, estime que le contexte actuel n'est pas idéal. Il faudrait notamment un soutien au démarrage pour les petits studios. L'industrie des jeux vidéo estime qu'au Québec, ce secteur génère des retombées de 740 millions de dollars.

« Maintenant, il faut voir que ça crée un peu de doutes pour ces joueurs-là. Il va falloir revoir un petit peu son plan d'affaires et c'est un peu d'instabilité dans un domaine où on cherche surtout à pouvoir penser à la croissance, et non l'inverse », explique le président de l'Alliance numérique, Martin Carrier. « Ce qui manque un peu à l'équation, maintenant, c'est une espèce d'aide au démarrage pour ces jeunes pousses-là, qui sont le futur de l'industrie, au Québec. Ce sont les futurs Cirque du Soleil du jeu vidéo, les CGI du jeu vidéo, ils sont là, il faut les aider, il y a un petit vide au niveau des programmes qui sont disponibles pour ces entreprises-là. »

Le regroupement espère faire valoir son point de vue lors de deux commissions parlementaires cet automne.

Quelques petits studios montréalais

Big Action Mega Fight est un jeu de combat pour téléphones mobiles, conçu par la jeune compagnie montréalaise DoubleStallion. Téléchargé à plus de 300 000 reprises, le jeu n'est pas encore rentable mais a permis à ses concepteurs de se démarquer dans le milieu des studios indépendants. « Mais pour les autres studios à Montréal, c'est très difficile de trouver du financement, souvent le monde partent à leur compte là-dedans, souvent, c'est difficile, parce que le premier jeu, c'est pas celui qui fait le plus d'argent, et il y a toujours une période d'un an ou deux ans, où la compagnie est pas nécessairement rentable », affirme le président de Doublestallion, Daniel Ménard.

Chez Compulsion Games, graphistes et programmeurs travaillent à une suite à leur premier opus, Contrast, un jeu acheté par plus de 1,7 million de personnes et qui a gagné une dizaine de prix dans le monde. Selon le président Guillaume Provost, le problème demeure le financement. « Je dirais que c'est vraiment le problème principal dans le jeu vidéo, parce qu'on est une industrie qui est à haut risque. Les jeux, soit ils vont faire beaucoup d'argent, soit que ces jeux ne vont pas faire d'argent du tout. Il n'y a pas beaucoup d'acteurs internationaux ou d'acteurs financiers internationaux, surtout pas au Québec, en fait, qui comprennent l'industrie. C'est difficile de trouver des partenaires financiers qui peuvent vraiment financer le projet. »

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