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L'Ukraine pourrait bloquer le convoi d'aide russe s'il n'est pas inspecté

14/08/2014 07:38 EDT | Actualisé 14/10/2014 05:12 EDT

KAMENSK-SHAKHTINSKY, Russie - Un imposant convoi d'aide russe a repris le chemin de l'Ukraine, jeudi, mais il a emprunté une route qui mène directement à un poste frontalier contrôlé par les rebelles dans la région de Lougansk, et non à un poste gouvernemental tel qu'exigé par Kiev.

L'Ukraine a annoncé son intention de bloquer le convoi si la cargaison ne peut être inspectée et fait savoir qu'elle envoyait son propre convoi d'aide humanitaire vers la région. Kiev craint que ce convoi ne permette à la Russie d'établir une présence militaire permanente dans l'est du pays.

Le gouvernement ukrainien a plus tard annoncé la capture de la ville orientale de Novosvitlivka, tout juste au sud de Lougansk, ce qui pourrait lui permettre d'empêcher le convoi de se rendre jusqu'à la ville dévastée.

Le convoi de plus de 200 véhicules était immobilisé sur une base militaire de Voronej, dans le sud de la Russie, depuis mardi, sur fond de désaccord concernant la manière dont l'aide serait acheminée à l'Ukraine, où les forces gouvernementales affrontent des insurgés prorusses.

Jeudi, les camions blancs, certains battant le pavillon rouge de la ville de Moscou et escortés par des véhicules militaires verts, ont emprunté une autoroute avant de tourner vers l'ouest, en direction du poste frontalier d'Izvaryne, qui est actuellement entre les mains des rebelles.

Les camions se sont toutefois ensuite arrêtés en bordure d'un champ, à une trentaine de kilomètres de la frontière, où des dizaines de tentes avaient été érigées. Les membres du convoi semblaient s'y être arrêtés pour la nuit.

Toutefois, le journal The Guardian disait avoir vu un convoi distinct de véhicules militaires russes traverser en Ukraine, tard jeudi. Selon le journal, 23 véhicules blindés de transport de troupes sont passés dans une brèche dans les barbelés jusqu'en territoire ukrainien.

La Russie pourrait avoir décidé de faire fi d'une entente de principe qui prévoyait que l'aide serait livrée à un poste frontalier gouvernemental de la région de Kharkiv, où elle pourrait être plus facilement inspectée par les autorités ukrainiennes et par la Croix-Rouge. Moscou affirme que l'envoi de cette aide — qui serait composée de biens allant de la nourriture pour bébés à des génératrices portables — a été coordonné avec la Croix-Rouge.

Le porte-parole du Conseil ukrainien de sécurité nationale et de défense, Andriy Lysenko, a prévenu que l'Ukraine sera contrainte d'agir si les Russes refusent de laisser la Croix-Rouge inspecter la cargaison. «Dans ce cas, le déplacement du convoi sera bloqué par toutes les forces disponibles», a-t-il dit.

Même si le poste d'Izvaryne est entre les mains des insurgés, la situation demeure très fluide et on ne sait pas si toutes les villes et tous les villages entre la frontière et Lougansk sont contrôlés par les rebelles.

Les États-Unis ont mis en garde la Russie contre une avancée du convoi sans l'autorisation de l'Ukraine.

La porte-parole du département d'État américain Marie Harf a affirmé jeudi qu'il avait été signifié clairement aux Russes qu'ils ne devraient pas faire rouler ces camions sans «respecter toutes les étapes énumérées par le gouvernement ukrainien».

Le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, a appelé les dirigeants russes et ukrainiens à organiser des consultations à trois pour une désescalade de la crise. Le bureau de M. Barroso a affirmé que les détails seraient réglés par l'entremise des canaux diplomatiques.

Le ministère russe des Affaires étrangères affirme que le convoi est composé de 262 camions, dont 200 chargés d'aide humanitaire.

Le ministre ukrainien des Infrastructures, Maxim Burbak, a annoncé que trois convois totalisant 75 camions transportaient 800 tonnes d'aide humanitaire de Kiev vers les villes de Kharkiv et de Dnipropetrovsk, à destination de Lougansk. La cargaison comprendrait notamment des céréales, du sucre et des aliments en conserve.

Pendant ce temps, les combats pour le contrôle du bastion rebelle de Donetsk se poursuivent et de nouveaux obus sont tombés sur la ville jeudi, endommageant notamment deux centres d'achats.

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