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Les humains seraient de plus en plus responsables de la fonte des glaciers

14/08/2014 05:37 EDT | Actualisé 14/10/2014 05:12 EDT

Les humains jouent un rôle de plus en plus important dans la disparition toujours plus rapide des glaciers à travers le monde, et les preuves de ce phénomène sont particulièrement claires dans l'Ouest canadien, selon une nouvelle étude.

Graham Cogley, un géographe de l'Université Trent, estiment que ces travaux viennent saper un peu plus l'idée voulant que l'homme ne soit pas responsable de la fonte des glaciers.

Depuis des décennies, les chercheurs — et quiconque ayant séjourné en montagne — ont pu constater que les glaciers situés en haute altitude rétrécissent. Le début de cette récente période de fonte remonte au milieu du 19e siècle, avec la fin de ce qui a été appelé «petite ère glaciaire». Les glaciers réagissent assez lentement aux changements climatiques, et la majorité de leur fonte des dernières décennies correspond au réchauffement naturel après plusieurs siècles inhabituellement froids.

Une partie de cette disparition est néanmoins attribuable aux changements climatiques provoqués par l'Homme. Pour en déterminer la proportion, M. Cogley et ses collègues ont réussi tout un exploit mathématique: ils ont utilisé 12 modèles climatiques planétaires différents et ont produit deux versions de chacun d'entre eux. La première version comprenait tous les facteurs naturels et artificiels influençant le climat — de l'utilisation des sols à l'activité solaire, en passant par les volcans et les émissions de gaz à effet de serre (GES); l'autre ne comprenait que les facteurs naturels.

Ils ont ensuite fourni à ces modèles l'ensemble de l'Inventaire des glaciers Randolph, une base de données de près de 200 000 glaciers dans le monde. Chacun d'entre eux a été soumis aux deux versions des 12 modèles.

Résultat: les deux versions des modèles produisent des résultats similaires jusqu'aux années 1960, des résultats également confirmés par des observations sur le terrain. Après cette date, cependant, les courbes commencent à diverger, et les modèles tenant compte des émissions de GES sont ceux dont les données respectent le plus les valeurs observées au sol.

Si l'effet de l'activité humaine était impossible à distinguer du réchauffement naturel vers 1850, le réchauffement provoqué par les humains en 1991 était responsable d'au moins la moitié de la fonte annuelle des glaciers, suggère l'étude.

Les importants glaciers situés dans les parcs nationaux de Banff, Jasper et Yoho, dans l'Ouest canadien, constitueraient par ailleurs des preuves irréfutables de l'impact des activités polluantes humaines sur la planète.

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