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Haïti: manifestation de partisans d'Aristide, visé par un mandat d'arrêt

14/08/2014 06:44 EDT | Actualisé 14/10/2014 05:12 EDT

Des centaines de partisans de l'ex-président haïtien Jean Bertrand Aristide (2001-2004) poursuivi par la justice, ont manifesté leur soutien jeudi devant sa résidence, bloquant les rues avec des barricades enflammées, a constaté un journaliste de l'AFP.

M. Aristide a été inculpé pour corruption, blanchiment d'avoirs, trafic illicite de stupéfiants et forfaiture, et fait désormais l'objet d'un mandat d'arrêt.

"Nous soutiendrons Aristide jusqu'au bout. C'est lui le symbole des pauvres. Il a le soutien des pauvres des quartiers populaires", a déclaré Vanel Louis-Paul, venu de Cité-Soleil, le plus grand bidonville d'Haïti et ex-bastion de Jean Bertrand Aristide situé en bordure de la capitale Port-au-Prince.

Devant la résidence de l'ex-président dissimulée derrière des murs de trois mètres de hauteur, des dizaines de jeunes gens montent la garde depuis deux jours. Abrités derrière des barricades, amas de grosses pierres et de pneus en feu, ils se disent prêts à en découdre avec la police.

"Si on pense pouvoir arrêter Aristide sous prétexte de corruption, il faut arrêter aussi (le président haïtien Michel) Martelly. Il n'a pas fait mieux qu'Aristide. De toutes les façons, on devra nous passer sur le corps pour le prendre", a prévenu un autre manifestant, sous couvert d'anonymat. "Nous sommes tous des enfants d'Aristide".

Un mandat d'arrêt a été émis contre l'ex-président pour ne pas s'être présenté mercredi à une convocation du juge d'instruction.

L'un de ses avocats, Me Mario Joseph, a argué auprès de la presse qu'aucun mandat de comparution n'avait été délivré à son domicile et, par conséquent, son client ne pouvait pas se présenter au bureau du juge.

Une trentaine de personnes --des proches et des anciens dignitaires de son gouvernement-- sont également visées par une enquête judiciaire et font l'objet d'une mesure d'interdiction de quitter le territoire.

Mais les partisans d'Aristide contestent des mesures considérées comme une forme de persécution politique contre l'ex-homme fort d'Haïti, cloîtré dans sa résidence depuis son retour d'exil en 2011.

Jean-Bertrand Aristide a dirigé Haïti à deux reprises: il est arrivé à la tête du pays en 1991 pour cinq ans, mais son mandat a été interrompu dès la première année par un coup d'état militaire. Après trois ans d'exil aux Etats-Unis, il a été rétabli en 1994.

Il est ensuite revenu à la tête du pays en 2001 mais a été contraint de démissionner en 2004 avant de passer sept ans en exil en Afrique du sud.

cre/elm

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