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Euro-2014 - Une journée en noir et or pour la France

14/08/2014 05:58 EDT | Actualisé 14/10/2014 05:12 EDT

L'athlétisme français a vécu paradoxalement un de ses épisodes les plus noirs et réconfortants de son histoire, avec trois médailles au destin incertain, dont deux en or, lors de la 4e journée des Championnats d'Europe jeudi à Zurich.

Mahiedine Mekhissi, vainqueur sur la piste du 3000 m steeple, et le hurdleur Dimitri Bascou, troisième du 110 m haies, ont en effet été disqualifiés.

Preuve de la densité de l'équipe de France, Yoann Kowal et Pascal Martinot-Lagarde, dans un premier temps deuxième du 3000 m steeple et au pied du podium de l'épreuve des haies hautes, ont hérité de leurs places.

Et puis il y a eu, comme une rédemption, la victoire au triple saut de Benjamin Compaoré, dont tout le monde a salué les qualités d'athlète, souvent blessé, et d'homme, au comportement exemplaire.

Mekhissi avait donc conquis une troisième médaille d'or continentale consécutive sur sa distance de prédilection. Ce qui était moins attendu, c'est que le double vice-champion olympique ôte son maillot dans la dernière ligne droite.

La délégation espagnole, qui avait placé ses athlètes aux 4e et 5e places, y voyait une opportunité de réclamation. Le règlement stipule qu'un athlète doit passer la ligne d'arrivée avec un dossard.

Passionné de foot

Alors que Kowal, le second couteau, héritait d'un succès inespéré, Philippe Dupont, manager du demi-fond, regrettait ce geste. "Le mieux, c'est de ne pas le faire. Ca peut être mal interprété. Après, c'est un geste de bonheur. Mahiédine, c'est un passionné de foot. J'ai l'impression de voir un footballeur quand il fait ça. Il n'y a rien de prétentieux, de belliqueux. Pas de snobisme par rapport à l'adversaire, pas de méchanceté. C'est un manque de contrôle, c'est clair. Quand on connaît le garçon, c'est un mec charmant", a expliqué le responsable.

C'est un nouveau coup dur en terme d'image pour Mekhissi, 29 ans. le Rémois s'était bagarré avec Mehdi Baala en Mondovision, en juillet 2011 lors de la réunion de Monaco. Un an plus tard, il avait créé la polémique aux +Europe+ à Helsinki en bousculant la mascotte, alors qu'il venait de remporter la finale.

Grand favori du 110 m haies, +PML+, trop fautif, s'est estimé le "vainqueur moral". Mais le Russe Sergey Shubenkov a montré plus de nerf pour conserver son titre en 13 sec 19. Bascou, tout à la joie d'avoir enfin "gagné une médaille à 27 ans", était lui aussi mis hors course pour avoir marché dans le couloir voisin.

La victoire -17,46 m au 1er essai- de Compaoré a mis du baume au coeur dans la délégation tricolore et fait pleurer son entraîneur Jean-Hervé Stiévenard.

"Ca débloque mon compteur de médailles chez les seniors. J'en ai vu de toutes les couleurs. Mais ce n'est que du sport: il faut savoir rester humble. Je vais aussi avoir une pensée pour mon premier entraîneur, Nicolas Delpech. Je ne l'oublie pas", a souligné le vainqueur.

Malgré toutes ces péripéties, la France, avec 10 médailles, tient le rythme des Britanniques, qui avaient raflé trois breloques du plus beau métal la veille.

La Russie a aussi remis les choses au point, avec trois succès. A celui de Shubenkov, se sont ajoutés ceux de la jeune Elmira Alembekova, au 20 km marche, et de la perchiste Anzhelika Sidorova.

asc/alh

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