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Egypte: 4 morts dans des heurts le jour de l'anniversaire de la répression des islamistes

Egypte: 4 morts dans des heurts le jour de l'anniversaire de la répression des islamistes

Au moins quatre personnes ont été tuées jeudi au Caire dans des violences en marge de manifestations des partisans du président déchu Mohamed Morsi qui ont peiné à mobiliser à l'occasion du premier anniversaire de la répression sanglante de rassemblements islamistes.

Le 14 août 2013, soit un peu plus d'un mois après la destitution puis l'arrestation de l'islamiste Morsi par l'ex-chef de l'armée et actuel président Abdel Fattah al-Sissi, les forces de sécurité mettaient fin dans le sang à deux sit-in de ses partisans sur les places de Rabaa al-Adawiya et Nahda au Caire, faisant plus de 700 morts en quelques heures, selon un bilan officiel.

L'organisation internationale Human Rights Watch (HRW) a accusé les nouvelles autorités d'avoir perpétré ce jour-là "une tuerie de masse" qui "s'apparente probablement à un crime contre l'Humanité", réclamant une enquête visant jusqu'à M. Sissi.

Les partisans de M. Morsi avaient appelé à manifester jeudi sous le slogan "Nous exigeons un châtiment" mais leur mobilisation était faible, alors que la répression les visant, qui s'est poursuivie après le 14 août, a fait un total de 1.400 morts depuis son éviction le 3 juillet 2013.

Quatre personnes ont été tuées au Caire dans des affrontements distincts entre des manifestants pro-Morsi d'une part et la police ou des opposants au président déchu de l'autre, selon des responsables de sécurité.

Plus tôt, un policier avait été tué par balle par des assaillants inconnus dans la banlieue sud du Caire. Le ministère de l'Intérieur a accusé des partisans de M. Morsi d'être derrière l'attaque.

Les forces de sécurité ont par ailleurs tiré des gaz lacrymogènes pour disperser trois rassemblements pro-Morsi dans la ville côtière d'Alexandrie (nord) ainsi que dans le village de Kerdassa, dans la banlieue du Caire, où des affrontements limités ont eu lieu avec la police, selon des responsables de la sécurité.

Des heurts similaires ont éclaté dans le quartier de Matariya, dans le nord de la capitale, et dans la province de Charquiya, dans le delta du Nil, selon les même sources.

Au total, au moins 14 personnes ont été blessées selon des responsables de sécurité. Et près de 114 ont été arrêtées en marge des rassemblements à travers le pays, selon un communiqué du ministère de l'Intérieur.

En prévision des manifestations, la police s'était déployée près des places de Rabaa al-Adawiya et Nahda, et de l'emblématique place Tahrir, épicentre de la révolte de 2011 qui a mis fin au pouvoir de Hosni Moubarak.

Pour le directeur exécutif de HRW, Kenneth Roth, "les forces de sécurité égyptiennes ont perpétré (sur la place Rabaa) l'une des plus grandes tueries de manifestants en une seule journée dans l'histoire récente" du pays.

L'influent prédicateur Youssef al-Qaradaoui, un Qatari d'origine égyptienne, a réclamé quant à lui jeudi des poursuites judiciaires contre "les dirigeants du complot militaire" en Egypte pour la journée du 14 août, dénonçant un "massacre organisé et prémédité".

Mais Hazem el-Beblawi, qui était alors Premier ministre, a jugé jeudi que la décision de mettre fin aux rassemblements était "triste mais nécessaire."

"Je n'ai pas un seul doute sur le fait que ce qui s'est passé était juste", a-t-il dit à l'AFP.

"Il n'y a pas eu d'usage disproportionné de la force (...)(l'opération) a duré aussi longtemps à cause de la résistance" des manifestants, a-t-il dit.

Lors de sa campagne pour l'élection présidentielle, M. Sissi avait promis "d'éradiquer" la confrérie des Frères Musulmans dont est issu M. Morsi, déjà déclarée "organisation terroriste" en décembre 2013.

L'organisation est ainsi retombée dans la clandestinité alors qu'elle avait remporté toutes les élections depuis la révolte de 2011.

Plus de 15.000 Frères musulmans et sympathisants ont été emprisonnés. Des centaines ont été condamnés à mort dans des procès de masse expéditifs.

Les ONG des droits de l'Homme dénoncent le retour à un pouvoir militaire plus liberticide encore que celui de Moubarak, qui régna 30 ans d'une main de fer.

bur-tgg/vl/cbo

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