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Des produits chimiques courants nuiraient à la reproduction selon des chercheurs de Virginia Tech

14/08/2014 09:45 EDT | Actualisé 14/10/2014 05:12 EDT
Peter Dazeley via Getty Images

MONTRÉAL - Des chercheurs de l'université américaine Virginia Tech ont découvert par hasard que deux produits chimiques d'usage courant semblent interférer avec la reproduction de leurs souris de laboratoire.

La docteure Terry Hrubec et ses collègues tentaient de comprendre pourquoi leurs souris semblaient soudainement moins fertiles, quand ils ont remarqué que certains employés se désinfectaient les mains avant de manipuler les animaux.

Les deux ingrédients actifs du désinfectant — le chlorure d'alkyldiméthylbenzylammonium (ADBAC) et le chlorure de didécyldiméthylammonium (DDAC) — appartiennent à une catégorie de produits chimiques fréquemment utilisés en raison de leurs propriétés antimicrobiennes et antistatiques, ainsi que pour leur capacité à réduire la surface de tension entre deux liquides ou entre un liquide et un solide.

On les retrouve dans des nettoyants commerciaux et domestiques, dans des désinfectants (pour les mains et autres), dans des cosmétiques, dans des assouplissants liquides et dans les feuilles assouplissantes qu'on place dans la sécheuse.

Mme Hrudec a constaté que les femelles exposées aux deux produits mettaient plus de temps à devenir enceintes et qu'elles accouchaient ensuite d'un moins grand nombre de petits. Quarante pour cent des femelles exposées à l'ADBAC ou au DDAC sont mortes pendant leur grossesse ou au moment de mettre bas.

Cette catégorie de produits chimiques est arrivée sur le marché dans les années 1950 et 1960, après avoir fait l'objet de tests de toxicité menés par leurs fabricants. Les résultats de ces tests n'ont jamais été rendus publics.

Mme Hrubec a admis que d'autres recherches seront nécessaires pour déterminer si ces produits sont aussi dangereux pour les humains qu'ils semblent l'être pour les souris. Une étude épidémiologique menée auprès de femmes fréquemment exposées à des désinfectants, comme les employées d'hôpitaux ou de restaurants, pourrait notamment déterminer si elles mettent plus de temps à concevoir.

L'étude est publiée dans le journal scientifique Reproductive Toxicology.

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