BIEN-ÊTRE

En matière de consommation de sel, «trop, c'est comme pas assez»

14/08/2014 01:40 EDT | Actualisé 14/10/2014 05:12 EDT
Jeffrey Coolidge via Getty Images

MONTRÉAL - Consommer trop de sel est aussi dangereux pour la santé que de ne pas en consommer suffisamment, ont prévenu jeudi des chercheurs de l'université ontarienne McMaster.

Une première étude menée par le docteur Andrew Mente et ses collègues conclut, dans un premier temps, ce qu'on savait déjà: la consommation quotidienne d'une quantité excessive de sel est nocive pour la santé, notamment parce qu'elle fait monter en flèche la pression artérielle. L'hypertension est un facteur de risque bien connu pour plusieurs problèmes de santé, comme les accidents vasculaires cérébraux.

Toutefois, les chercheurs ont constaté que l'impact sur la pression devient nettement plus marqué en présence d'une consommation de plus de cinq grammes de sel par jour, surtout chez les gens souffrant déjà d'hypertension ou âgés de 55 ans ou plus — ou bien sûr les deux.

Cet impact est plus modéré avec une consommation de 3 à 5 grammes par jour, et moins évident sous la barre des 3 g par jour.

L'étude Prospective Urban & Rural Epidemiological (PURE) comprenait plus de 100 000 sujets provenant de 18 pays.

La consommation des Canadiens s'établit, en moyenne, à entre 3,5 et 4 g de sel par jour, tandis que certaines recommandations suggèrent une quantité de seulement 2,3 g par jour (ce que respectent moins de 5 pour cent des Canadiens et des autres habitants de la planète).

L'auteur de la deuxième étude, Martin O’Donnell, croit toutefois que ce seuil est trop bas. Son analyse des données de PURE démontre que les risques de décès et de maladies cardiovasculaires sont les plus faibles chez les gens qui consomment entre 3 et 6 g de sel par jour, et que ces risquent augmentent en-deçà et au-delà de cette marge.

Une consommation trop faible de sel, a-t-il dit, entraîne des niveaux plus élevés de certaines hormones associées à une augmentation des risques de décès et de maladies cardiovasculaires.

Mais puisqu'une réduction de la consommation de sel se traduit aussi par une chute modeste de la pression artérielle, «la question cruciale devient maintenant de savoir si ces effets physiologiques rivaux se traduisent, ou non, par un bienfait clinique», a-t-il dit.

Il semblerait donc, pour l'instant, qu'un apport quotidien de 3 à 6 g de sel — soit ce que consomment déjà une majorité de gens — comporte le plus de bienfaits ou le moins de risques pour la santé.

Les conclusions des deux études sont publiées dans les pages du prestigieux New England Journal of Medicine.

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