POLITIQUE

Appels automatisés frauduleux : la mise sur pied d'un stratagème toujours possible

14/08/2014 06:37 EDT | Actualisé 14/10/2014 05:12 EDT
CP

La culpabilité de Michael Sona dans l'affaire des appels automatisés vient relancer tout le débat autour de l'intégrité du processus électoral. Des changements à la loi ont été effectués depuis, mais il semble toujours possible de mettre sur pied un tel stratagème et probable de le faire anonymement et impunément.

Un texte de Martin Bégin

L'affaire Pierre Poutine, en 2011, a entraîné des changements à la loi. Il est illégal de se faire passer pour un employé d'Élections Canada. Toute personne qui veut effectuer des appels automatisés doit fournir son nom, adresse et numéro de téléphone à l'entreprise de télémarketing avec laquelle elle fait affaire en plus de lui fournir la copie d'une pièce d'identité.

Il lui faut aussi s'enregistrer auprès du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC). « La logique, explique Denis Carmel, porte-parole du Conseil, c'est que la personne qui contacte le CRTC et que l'entreprise qui fait des appels en son nom soit légitime ».

Ça ne tient cependant plus si une personne passe par une entreprise étrangère, surtout si elle réussit à cacher son identité.

Une personne mal intentionnée pourrait y arriver en utilisant par exemple de l'argent comptant, une carte de crédit prépayée, un vieux téléphone cellulaire avec une nouvelle carte SIM, qui changerait le numéro du téléphone

Éric Parent, spécialiste en cybersécurité constate que c'est relativement facile d'agir anonymement: « Ça nécessite un peu de recherche, mais ça se fait très bien. En utilisant des Bitcoins ou une carte prépayée achetée dans un commerce, il n'y a pas de caméras, on ne peut être retracé. »

Au Canada, les appels automatisés sont légaux... tant qu'ils sont honnêtes. Mais la facilité avec laquelle on peut tromper le système inquiète des organismes comme le Conseil des Canadiens. Sa porte-parole, Sujana Dey, est formelle : « Les électeurs devraient avoir peur ». L'organisme souligne que la capacité d'avoir des élections intègres est un élément clé de la démocratie canadienne.

Faudrait-il en faire davantage? Au CRTC, on admet qu'il n'y a pas de lois parfaites, mais que la nouvelle législation offre suffisamment d'outils pour mieux protéger le processus électoral.

N'empêche, les autorités ont beau combler les failles, des personnes mal intentionnées chercheront toujours à en trouver des nouvelles.

Les prochaines élections dans un an seront régies par de nouvelles lois mais l'efficacité de celles-ci demeure incertaine. « Il est impossible de fermer complètement la porte », souligne le spécialiste en cybersécurité Éric Parent.

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