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Al-Maliki soutient son remplaçant en Irak, dénouant l'impasse politique

14/08/2014 11:05 EDT | Actualisé 14/10/2014 05:12 EDT

BAGDAD - Le premier ministre sortant contesté Nouri al-Maliki s'est finalement résigné à soutenir son remplaçant nommé par le président Fouad Massoum.

Se tenant aux côtés de Haider al-Abadi, faisant partie de la même formation, M. al-Maliki a dit se retirer à la faveur de son «frère», dans le but de «faciliter le processus politique et la formation d'un gouvernement».

M. al-Maliki a affirmé que sa décision reflétait son désir de «sauvegarder les plus hauts intérêts du pays». Ce geste devrait mettre fin à une impasse politique ayant nui aux efforts pour combattre les insurgés sunnites et le groupe extrémiste État islamique. De nombreux politiciens irakiens et la majeure partie de la communauté internationale se rangeaient derrière Haider al-Abadi.

Au moins quatre enfants ont perdu la vie jeudi en Irak, lors d'affrontements entre l'armée et des militants sunnites à l'ouest de Bagdad. Des combats ont éclaté dans la ville de Falloujah, qui est entre les mains des militants islamistes, à environ 65 kilomètres à l'ouest de Bagdad. Une femme et au moins dix islamistes ont aussi été tués, en plus des quatre enfants.

Falloujah est tombée sous le contrôle de l'État islamique en janvier et la situation humanitaire y est difficile à évaluer. À Bagdad, une série d'attaques perpétrées à travers la capitale, jeudi, ont coûté la vie à au moins huit civils.

Le président américain Barack Obama a affirmé jeudi que la crise humanitaire au mont Sinjar, dans le nord, était écartée, éliminant le besoin d'une mission américaine de sauvetage risquée. Mais des Irakiens ailleurs au pays font face à la menace «très grave» de l'avancée des insurgés islamistes, a-t-il ajouté.

M. Obama a déclaré que les États-Unis travailleraient avec d'autres gouvernements pour offrir un soulagement humanitaire «là où les moyens sont disponibles» et où l'on peut rejoindre les gens dans le besoin.

«La situation sur (le mont Sinjar) s'est grandement améliorée et les Américains devraient être très fiers de nos efforts, a exprimé M. Obama, prenant la parole de son lieu de vacances à Edgartown, dans le Massachusetts. Nous avons brisé le siège de (l'État islamique), nous avons aidé des gens vulnérables à trouver un endroit plus sûr et nous avons aidé à sauver la vie de plusieurs civils innocents.»

L'ONU, de son côté, a porté l'alerte de crise humanitaire au plus haut niveau possible pour le pays, dans la foulée de l'offensive lancée par le groupe État islamique.

Cette décision de l'ONU, annoncée mercredi, débloquera de nouveaux biens et fonds pour venir en aide aux réfugiés. Le Conseil de sécurité a aussi offert son appui au nouveau premier ministre, Haider al-Abadi, dans l'espoir qu'il puisse assembler un gouvernement inclusif pour répondre à la menace des insurgés.

Quelque 45 000 personnes, membres de la minorité religieuse yézidie, ont été en mesure de fuir le mont Sinjar dans le désert où elles étaient encerclées par les combattants du groupe extrémiste État islamique, qui les considèrent comme des hérétiques et menacent d'exécuter ceux qui refusent de se convertir à l'Islam.

Ces déplacés ont pu gagner un endroit plus sûr après que des combattants kurdes de la Syrie, pays voisin, eurent formé un corridor de sortie. Les forces irakiennes et américaines avaient précédemment largué de l'eau et de la nourriture aux gens piégés.

Des responsables américains ont indiqué que seulement 4500 membres de la communauté yézidie étaient toujours réfugiés au sommet du mont Sinjar, dont la moitié serait des bergers qui habitent l'endroit depuis toujours et qui n'ont aucun désir de quitter.

L'ONU a indiqué qu'elle fournirait un soutien accru aux Yézidis et aux 400 000 autres Irakiens ayant fui depuis juin la province kurde de Dahuk. Un total de 1,5 million de personnes ont été déplacées par les combats.

Les États-Unis ont mené des raids ces derniers jours contre les combattants de l'État islamique, aidant à repousser leurs avancées vers les régions kurdes.

Le président français François Hollande a confirmé jeudi la «livraison imminente d'équipement militaire» aux forces kurdes lors d'un appel téléphonique avec le nouveau président irakien, Fouad Massoum.

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