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"Urgence sanitaire" en Guinée contre Ebola, qui progresse en Afrique de l'Ouest

13/08/2014 07:27 EDT | Actualisé 13/10/2014 05:12 EDT

La Guinée, l'un des quatre pays ouest-africains en proie à l'épidémie d'Ebola, a décrété mercredi soir "l'urgence sanitaire nationale" face à cette fièvre hémorragique qui a fait au total plus de 1.000 morts, dont 56 en deux jours.

Le communauté internationale a promis d'aider les pays affectés par ce fléau.

Le président guinéen Alpha Condé a annoncé que "l'urgence sanitaire nationale" avait été instaurée en Guinée, conformément à un appel dans ce sens de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Plusieurs mesures ont été prises: "cordon sanitaire tenu par les agents de santé et les services de sécurité et de défense à tous les postes frontaliers d'entrée" en Guinée, restrictions de mouvements et renforcement du contrôle sanitaire à différents points de passage, interdiction de transférer des corps "d'une localité à une autre jusqu'à la fin de l'épidémie", prélèvement et hospitalisation systématique "pour tous les cas suspects" jusqu'au résultat des analyses, notamment.

Le 8 août, l'OMS avait déclaré que l'épidémie était "une urgence de santé publique de portée mondiale". Elle avait demandé aux dirigeants des pays affectés de "décréter un état d'urgence" et réclamé une "réponse internationale coordonnée".

- 1.069 morts -

Selon son dernier bilan diffusé mercredi, la flambée a causé la mort de 1.069 personnes sur 1.975 cas (confirmés, suspects ou probables), essentiellement en Guinée, en Sierra Leone et au Liberia, trois morts ayant été en outre enregistrés au Nigeria. Cela représente 56 nouveaux morts en deux jours et un taux de décès de 54%.

La semaine dernière, le Liberia, la Sierra Leone et le Nigeria avaient déjà déclaré l'état d'urgence sanitaire. Les deux premiers pays ont aussi mis en quarantaines certaines de leurs zones affectées.

Mercredi à Ryad, les monarchies du Golfe se sont concertées sur les moyens de se prémunir de l'épidémie, à l'approche du pèlerinage annuel de La Mecque, en Arabie Saoudite, prévu début octobre.

Le même jour, l'Allemagne a appelé ses citoyens - sauf le personnel médical engagé dans la lutte anti-Ebola et les diplomates - à quitter la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia.

La veille, le Japon avait annoncé l'évacuation de 24 de ses coopérants de ces trois pays, alors que la Guinée-Bissau a fermé ses frontières avec la Guinée voisine.

La Gambie a de son côté suspendu les vols en provenance de Guinée, du Liberia et de Sierra Leone.

Autant de décisions traduisant une peur de contamination internationale en dépit des appels à la sérénité de l'OMS et de l'ONU, qui a nommé mardi un coordinateur pour Ebola, le médecin britannique David Nabarro.

Pour appuyer la lutte contre l'épidémie, le président de la Sierra Leone, Ernest Bai Koroma, a demandé l'aide de la communauté internationale pour trouver 13,5 millions d'euros.

Ce pays a perdu mercredi son deuxième responsable médical anti-Ebola en deux semaines, alors que 24 agents de santé, essentiellement des infirmiers, ont été mis en quarantaine ces derniers jours à Freetown.

- Sérum expérimental -

Le gouvernement a de son côté indiqué qu'il allait demander un sérum expérimental, le "ZMapp", développé par un laboratoire privé américain, qui a donné des résultats positifs sur deux Américains contaminés au Liberia mais n'a pas permis de sauver un prêtre espagnol décédé mardi.

Au Liberia, deux médecins testés positifs au virus Ebola étaient dans l'attente de cet anticorps.

En revanche, la Guinée n'a pas pour l'instant demandé à bénéficier de ce sérum, selon une source gouvernementale à Conakry, où des agents de santé se disaient inquiets face aux risques encourus, avec peu ou pas de moyens contre Ebola.

La société pharmaceutique américaine qui a élaboré le ZMapp avait annoncé lundi avoir expédié la totalité des doses disponibles en Afrique de l'Ouest, assurant que le traitement avait été fourni gratuitement.

Mercredi, le Canada a annoncé qu'il allait donner à l'OMS entre 800 et 1.000 doses d'un vaccin expérimental contre le virus Ebola, baptisé VSV-EBOV, développé dans un de ses laboratoires. Ce traitement préventif n'a pas encore été testé sur des humains mais "s'est révélé prometteur dans la recherche sur les animaux", a précisé le gouvernement.

Ce laboratoire, Tekmira, a annoncé lui-même mercredi être en en contact avec l'OMS, des ONG et des autorités sanitaires gouvernementales pour son utilisation éventuelle.

Face à l'ampleur de l'épidémie, un comité d'experts réuni par l'OMS a jugé mardi "éthique d'offrir des traitements non homologués dont l'efficacité n'est pas encore connue ainsi que les effets secondaires, comme traitement potentiel ou à titre préventif".

Au Nigeria, une infirmière qui avait été en contact avec le premier cas d'Ebola à Lagos - un Libérien décédé en juillet - s'est rendue à Enugu (est du pays), à Enugu, en dépit de l'interdiction gouvernementale de quitter la capitale économique.

Selon les autorités, 21 personnes étaient mercredi en observation à Enugu.

En raison d'Ebola, un match entre la Sierra Leone et la République démocratique du Congo en préparation de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) 2015, initialement programmé pour le 10 septembre à Freetown, a été délocalisé à Accra.

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