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Une mission de sauvetage américaine dans le nord de l'Irak est moins probable

13/08/2014 08:06 EDT | Actualisé 13/10/2014 05:12 EDT

BAGDAD - Les Nations unies ont déclaré mercredi leur plus haut niveau d'urgence pour la crise humanitaire en Irak, où des centaines de milliers de gens ont fui et des dizaines de milliers d'autres ont été piégés sur une montagne dans le désert par les avancées des combattants islamistes dans le nord du pays.

Mais après qu'une unité spéciale des forces armées américaines eut été amené par les airs sur le mont Sinjar pour évaluer la situation, mercredi, le secrétaire de la défense, Chuck Hagel, a affirmé aux médias que beaucoup moins de réfugiés étaient piégés que ce que les autorités avaient cru. Ce constat rend beaucoup moins probable une mission de sauvetage par les États-Unis, a-t-il ajouté.

M. Hagel a soutenu que le largage de nourriture et d'eau avait épargné les réfugiés, et que les frappes aériennes contre le groupe extrémiste État islamique avaient permis à plusieurs personnes de fuir.

Les responsables américains ont affirmé que seulement plusieurs milliers de réfugiés irakiens se trouvaient encore sur le mont Sinjar, et M. Hagel a indiqué qu'ils se portaient relativement bien.

La déclaration des Nations unies d'une urgence de «niveau 3» entraînera des biens, un financement et des actifs additionnels pour répondre aux besoins des déplacés, avait indiqué plus tôt le représentant spécial de l'ONU, Nickolay Mladenov, qui a souligné «l'ampleur et la complexité de l'actuelle catastrophe humanitaire».

Au même moment, le gouvernement central à Bagdad est aux prises avec une crise politique, alors que le président a écarté le premier ministre sortant contesté Nouri al-Maliki, pour lui préférer le politicien chiite Haïder al-Abadi.

Nouri al-Maliki refuse de quitter

Même s'il est plus isolé que jamais, le premier ministre irakien sortant Nouri al-Maliki continue à s'accrocher au pouvoir et demande maintenant à un tribunal fédéral de se pencher sur la décision du président de le remplacer par un autre membre de son parti.

M. al-Maliki répète depuis plusieurs jours que cette décision contrevient à la Constitution du pays.

De nombreux politiciens irakiens et la majeure partie de la communauté internationale se rangent dorénavant derrière Haïder al-Abadi, un autre membre du parti politique chiite Dawa à qui le président Fouad Massoum a demandé de former un gouvernement capable d'unifier le pays face à l'assaut de militants sunnites.

M. al-Maliki a de nouveau lancé, mercredi, que la nomination de M. al-Abadi est un complot et il a promis de rester en poste tant qu'un tribunal fédéral ne se sera pas prononcé.

Les forces de l'ordre étaient très visibles à Bagdad mercredi. Des chars et autres blindés avaient été déployés autour des ponts et aux principales intersections de la capitale. Une centaine de manifestants pro-Maliki sont descendus sur la place Firdous pour lui jurer allégeance.

La police a indiqué que des attaques dans la capitale et dans les environs avaient tué au moins 29 personnes.

Même l'Arabie saoudite et l'Iran, des rivaux régionaux qui se querellent fréquemment au sujet de l'Irak, ont largué M. al-Maliki au profit de M. al-Abadi.

Le leader suprême de l'Iran, l'ayatollah Ali Khamenei, a dit mercredi espérer «qu'un gouvernement sera formé pour qu'ils (les Irakiens) puissent répondre de manière adéquate aux artisans de la sédition». Pour sa part, le ministère des Affaires étrangères du Qatar a dit souhaiter que M. al-Abadi mette sur pied «un gouvernement national qui regroupera toutes les composantes du peuple irakien».

Les États-Unis, l'Union européenne et les Nations unies ont également offert leur appui au nouveau leader.

La gouverne de M. al-Maliki a suscité le mécontentement de la population sunnite, ce qui aurait permis aux militants de l'État islamique, eux aussi sunnites, de réaliser des gains importants dans le nord du pays.

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