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Scioli, l'ex-champion de offshore qui brigue la présidence en Argentine

13/08/2014 12:45 EDT | Actualisé 12/10/2014 05:12 EDT

Ancien pilote de bateau offshore reconverti en politique, Daniel Scioli est l'un des plus sérieux prétendants à la présidence de l'Argentine.

Ancien vice-président de Nestor Kirchner (2003-2007), en froid avec sa veuve, la présidente de centre-gauche Cristina Kirchner, il gouverne depuis 7 ans la province de Buenos Aires, où résident près de 40% des Argentins.

Né le 13 janvier 1957 à Buenos Aires, Daniel Osvaldo Scioli s'est fait connaître en Argentine comme champion de motonautisme, en gagnant plusieurs titres mondiaux.

En 1989, il a le bras droit sectionné par l'hélice de son bolide après un accident lors d'une course sur le fleuve Parana, en Argentine. Il continuera de piloter en compétition et à gagner des titres.

Depuis, ce droitier a appris à vivre avec son handicap, et une prothèse, "à écrire de la main gauche, à faire un noeud de cravate ou se lacer les chaussures avec une seule main", dit un de ses collaborateurs.

Patron d'Electrolux en Argentine, il s'est lancé en politique à la fin des années 1990. En 1997, il est élu député pour le Parti justicialiste (PJ, au pouvoir) alors que l'ultra-libéral Carlos Menem (1989-1999) gouverne le pays. En 2001, il est nommé ministre du Tourisme et des Sports, et devient en 2003 le vice-président de Nestor Kirchner.

Dans un pays où les clivages politiques sont profonds, il se positionne comme un centriste et un homme de consensus, ce qui lui vaut une belle cote de popularité.

A 57 ans, il est resté accroc au sport. Sans sa prothèse, il joue en première division argentine de futsal avec une équipe qu'il a créée, Villa La Nata Sporting Club.

Sa femme depuis 20 ans, l'ex-top model argentine Karina Rabolini, désormais à la tête d'une entreprise de cosmétiques, apparait régulièrement dans les revues people. Ils n'ont pas d'enfant mais il a une fille née d'une romance de jeunesse, qu'il a reconnue sur le tard.

Sourire carnassier, homme déterminé, Daniel Scioli pense à la présidence depuis longtemps. "Cela fait 57 ans que je travaille pour atteindre cet objectif", a-t-il déclaré mardi.

Ayant présidé de 2010 à mai 2014 le Parti justicialiste (PJ), colonne vertébrale de la coalition péroniste au pouvoir, Daniel Scioli souhaite en obtenir l'investiture mais la présidente lui préfère Florencio Randazo, actuellement ministre de l'Intérieur et des Transports.

Scioli, vice-président humilié par la sénatrice Kirchner, continue de clamer sa "loyauté à la présidente Cristina Kirchner et au péronisme".

Au pouvoir depuis 2007 et réélue en 2011 pour un second et dernier mandat, la présidente s'est toujours employée à contenir son ascension.

Face à Scioli se dresseront le maire conservateur de Buenos Aires, Mauricio Macri, le kirchnériste dissident Sergio Massa, député et ex-chef du gouvernement de Mme Kirchner, le candidat qui émergera de la coalition de centre-gauche rassemblant Radicaux de l'UCR et Socialistes, et un candidat soutenu par Mme Kirchner.

Daniel Scioli a démontré qu'il était capable de composer aussi bien avec Carlos Menem, apôtre du néo-libéralisme, ou un gouvernement Kirchner, allié du Vénézuélien Hugo Chavez et de la gauche latino-américaine. Mais il a annoncé voici plusieurs semaines la composition d'une équipe économique suggérant une orthodoxie en rupture catégorique avec la politique actuelle du gouvernement.

Résolu à "préserver les succès" des années Kirchner, sa "plus grande préoccupation est l'emploi et le pouvoir d'achat", dans un pays miné par l'inflation et une amorce de récession.

ap/glr

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