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Peu d'espoir de paix au Soudan du Sud, selon des représentants du Conseil de sécurité de l'ONU

13/08/2014 11:47 EDT | Actualisé 13/10/2014 05:12 EDT

Des discussions "décevantes" avec le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar, qui s'affrontent depuis mi-décembre, laissent peu d'espoir d'un rapide accord de paix au Soudan du Sud, ont déploré mercredi à Juba les représentants du Conseil de sécurité de l'ONU.

"Nous avons eu des entretiens avec le président Kiir et Riek Machar, mais nous n'avons rien entendu de leur part qui nous fasse espérer un accord rapide dans les pourparlers à Addis Abeba", qui stagnent depuis janvier, a déclaré l'ambassadeur britannique à l'ONU, Mark Lyall Grant, président en exercice du Conseil de sécurité.

Les représentants des 15 pays membres du Conseil ont rencontré M. Kiir mardi à Juba, avant de s'entretenir par liaison vidéo avec M. Machar, qui a pris le maquis en décembre avec une partie de l'armée.

Ces discussions "ont été d'une certaine façon décevantes", a poursuivi l'ambassadeur britannique, à l'issue d'une visite de deux jours de la délégation au Soudan du Sud: "tous deux ont dit reconnaître qu'il n'y a pas de solution militaire à la crise, mais leurs deux positions restent très éloignées l'une de l'autre".

La délégation a fait clairement savoir à MM. Kiir et Machar "qu'il y aura des conséquences pour ceux qui minent le processus de paix et qui ne veulent pas mettre de côté leurs intérêts personnels dans l'intérêt de la population", a ajouté M. Grant.

Mardi, ces ambassadeurs avaient réitéré les menaces de sanctions brandies le 8 août à New York par le Conseil de sécurité en cas de poursuite de la guerre qui a poussé le pays au bord de la famine.

Des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes, ont été tuées et plus de 1,5 million chassées de chez elles par le conflit, qui a éclaté le 15 décembre 2013 au sein de l'armée sud-soudanaise, minée par des antagonismes politico-ethniques exacerbés par l'âpre rivalité entre Salva Kiir et Riek Machar à la tête du régime.

- Escale à Mogadiscio -

Les pourparlers dans la capitale éthiopienne sont pour l'heure infructueux et le délai de 60 jours, dans lequel les deux camps s'étaient engagés à former un gouvernement d'union, a expiré dimanche sans résultat.

Malgré deux cessez-le-feu, mi-janvier et début mai, les combats, accompagnés de massacres ethniques, continuent dans le plus jeune Etat du monde, indépendant depuis juillet 2011, après des décennies de conflit meurtrier avec Khartoum.

La délégation onusienne doit rencontrer mercredi soir à Nairobi les ministres des Affaires étrangères des pays de l'Autorité intergouvernementale pour le Développement (Igad), organisation est-africaine qui assure la médiation des pourparlers.

Des "accords de cessation des hostilités ont été conclus et ces accords n'ont pas été respectés, nous voulons discuter avec les ministres de l'Igad des prochaines étapes", a expliqué M. Grant.

La veille, son homologue américaine Samantha Powers avait expliqué à Juba que le Conseil souhaitait coordonner ses actions avec celles de l'Igad qui s'est dit prête elle aussi à des sanctions.

Avant Nairobi, la délégation onusienne s'est arrêtée mercredi à Mogadiscio, où elle a notamment discuté "des progrès en Somalie" avec le président Hassan Cheikh Mohamoud et son gouvernement.

La rencontre s'est déroulée dans le camp fortifié de la Force de l'Union africaine (Amisom), dans l'enceinte de l'aéroport de la capitale somalienne. Mogadiscio est une des villes les plus dangereuses du monde, cibles d'attaques régulières des islamistes shebab, à l'intérieur de laquelle les diplomates ne se sont pas aventurés.

Ils ont néanmoins dit espérer toujours le lancement prochain d'une révision constitutionnelle, devant être approuvée par un référendum en 2015, suivi d'élections en 2016. Un tel calendrier, s'il était tenu, serait le premier scrutin auquel la population somalienne serait convié depuis plusieurs décennies.

La Somalie est privée de véritable autorité centrale depuis la chute en 1991 du régime autoritaire du président Siad Barre, qui a plongé le pays dans le chaos et la guerre civile.

Le gouvernement somalien, élu en septembre 2012 par un Parlement désigné par un collège de chefs coutumiers, est présenté comme le meilleur espoir de paix et de reconstruction d'un Etat en Somalie depuis 20 ans, mais il peine à asseoir son autorité au-delà de Mogadiscio et de sa périphérie.

Les shebab, chassés de la capitale puis progressivement de l'essentiel de leurs bastions depuis août 2011, contrôlent toujours de larges zones rurales tandis que plusieurs régions, aux mains de chefs de guerre locaux, affirment leur autonomie à l'égard du pouvoir central.

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