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Mario Laprise renonce à ses fonctions à la tête de la Sûreté du Québec

13/08/2014 02:29 EDT | Actualisé 13/10/2014 05:12 EDT

QUÉBEC - Mario Laprise renonce à diriger la Sûreté du Québec (SQ), enlevant du même coup une épine au pied du gouvernement Couillard.

Selon la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, le directeur général de la SQ a demandé au gouvernement d'être relevé de ses fonctions, préférant poursuivre sa carrière chez Hydro-Québec, où il a déjà oeuvré pendant des années.

L'annonce a été faite par Mme Thériault mercredi, en conférence de presse, en marge de la réunion hebdomadaire du conseil des ministres.

La ministre s'est bien défendue d'avoir obtenu la tête de M. Laprise, qui est parti de son plein gré, a-t-elle assuré.

C'était devenu un secret de Polichinelle que les relations n'étaient pas au beau fixe entre M. Laprise, nommé par le gouvernement péquiste dès son élection en octobre 2012, et le gouvernement libéral de Philippe Couillard. Ne jouissant pas de la pleine confiance du gouvernement, ce n'était qu'une question de temps avant qu'on le retrouve ailleurs dans des fonctions moins stratégiques.

Dès sa première conférence de presse en tant que premier ministre élu, le 8 avril, M. Couillard n'avait pas fait mystère de son malaise. «C’est un poste qui va être réévalué, c’est clair», avait-il dit, à propos de M. Laprise, soupçonné par les libéraux d'avoir des affinités avec le gouvernement précédent.

Dès lors, M. Laprise semblait en sursis à la tête de la SQ. Au cours des derniers mois, invitée à quelques reprises par les médias à dire si oui ou non M. Laprise allait être confirmé dans ses fonctions, la ministre Thériault s'était toujours montrée évasive, refusant de répondre.

Normalement, M. Laprise devait diriger la SQ jusqu'en octobre 2017.

Le gouvernement a créé un comité de sélection, présidé par la directrice générale de l'École nationale de police du Québec, Marie Gagnon, et chargé de trouver un successeur à M. Laprise. Le comité, qu'on promet impartial, a jusqu'au 14 novembre pour proposer trois noms au gouvernement. Le nouveau directeur général de la SQ devrait être nommé avant Noël.

Durant l'intervalle, la direction de la SQ a été confiée à Luc Fillion, le directeur adjoint à la surveillance du territoire au sein de l'organisation.

Déjà, en campagne électorale, M. Couillard avait dit qu'il souhaitait revoir le mode de sélection du directeur général de la SQ, pour le rendre plus indépendant du pouvoir politique. D'où la formation d'un comité de sélection formé de quatre personnes provenant de l'extérieur du gouvernement.

Mercredi, Mme Thériault a insisté pour dire que M. Laprise n'avait pas été limogé, et que le gouvernement avait simplement donné suite à sa demande de «relever de nouveaux défis».

«Tout ce que je fais: on exauce le souhait de M. Laprise», a dit et répété à maintes reprises la ministre durant le point de presse, refusant d'élaborer sur les circonstances entourant ce départ précipité, trois ans avant l'échéance du mandat.

De plus, la ministre a indiqué qu'elle n'avait eu aucune conversation avec le directeur de la SQ relativement à sa démission. «Je n'ai pas parlé à M. Laprise», a-t-elle déclaré.

Interrogée à savoir si ce dernier serait toujours à la tête de la SQ s'il avait voulu y demeurer, la ministre a jugé qu'il s'agissait d'une «question hypothétique» et n'a pas voulu y répondre.

Policier de carrière à la Sûreté du Québec, Mario Laprise s'était notamment illustré aux commandes de l'escouade Carcajou, qui luttait contre les motards criminels.

Règlement de comptes, dit le PQ

Le porte-parole de l'opposition péquiste en matière de sécurité publique, Pascal Bérubé, a accusé la ministre Thériault de s'être livrée à un règlement de comptes partisan dans ce dossier.

«Son agenda devait être public; il ne l'est toujours pas. (...) On ne sait pas combien de fois elle a rencontré M. Laprise. On sait une chose: ça a pris beaucoup de temps avant qu'elle lui parle en début de mandat. (...) On n'a rien fait pour assurer la confiance à Mario Laprise, qui a une fiche irréprochable. Là, la résultante, c'est que Mario Laprise n'est plus là, la ministre est toujours là», a dit le député péquiste.

M. Bérubé ne s'est guère montré plus rassuré quant au comité de sélection mis en place par Lise Thériault.

«La ministre a créé des attentes importantes. Elle a dit qu'on allait dépolitiser le processus. Qu'en est-il du processus? C'est que c'est seulement les libéraux qui vont nommer, parce qu'elle nomme les gens qui vont lui faire des recommandations», a-t-il dit.

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