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L'Ukraine refuse l'entrée sur son sol d'un convoi humanitaire russe

13/08/2014 06:15 EDT | Actualisé 13/10/2014 05:12 EDT

L'Ukraine a prévenu mercredi qu'elle refuserait l'entrée sur son sol d'un convoi de près de 300 camions d'aide humanitaire russe, qui approchait de sa frontière et dont l'Occident soupçonne qu'il puisse servir de couverture à une éventuelle intervention russe en Ukraine.

"Aucun +convoi humanitaire+ de Poutine ne passera par la région de Kharkiv" dans le nord-est du pays, contrôlée par le gouvernement de Kiev et évoquée par Moscou comme le point d'entrée sur le territoire ukrainien, a déclaré mercredi le ministre de l'Intérieur, Arsen Avakov.

"Le cynisme des Russes est sans bornes. D'abord ils nous livrent des chars, des (lance-roquettes multiples) Grad, des terroristes et des bandits qui tuent les Ukrainiens et ensuite de l'eau et du sel", s'est pour sa part emporté le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk.

Le convoi est chargé selon Moscou de plus de 1800 tonnes d'aliments, de médicaments et de générateurs au profit des populations de l'est de l'Ukraine, victimes de quatre mois de conflits entre séparatistes prorusses et forces régulières ukrainiennes.

Kiev et l'Occident accusent la Russie d'armer les séparatistes prorusses, ce que Moscou dément.

Le long cortège de camions blancs -- entre 262 et 287, selon les différentes sources russes officielles -- poursuivait sa route mercredi après avoir passé la nuit dans la région de Voronej (sud de la Russie). Il n'était qu'à quelques centaines de km de la frontière ukrainienne en milieu de journée.

Le convoi de plus de 3 km était attendu en soirée au poste Chebekino-Pletnevka, entre la région de Belgorod (sud de la Russie) et celle de Kharkiv.

- un Cheval de Troie russe ? -

Mais Kiev, comme l'Occident, soupçonne ce convoi d'être une version moderne russe du cheval de Troie: une aide humanitaire qui masquerait une opération de déstabilisation, ou un renfort au profit des séparatistes prorusses en grande difficulté militaire.

Aussi les négociations portaient-elles depuis deux jours sur les modalités exactes de l'acheminement de l'aide russe. Le ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov a assuré mardi avoir reçu le feu vert définitif de Kiev.

Pressenti pour acheminer l'aide russe sur le territoire ukrainien, le Comité international de la Croix Rouge demeure très prudent. Un porte-parole du CICR à Kiev a déclaré à l'AFP que les discussions étaient "toujours en cours".

"Beaucoup de points doivent encore être décidés entre les deux gouvernements et le CICR", a déclaré Andre Loersch. "Le CICR a besoin de plus de détails sur la composition du convoi. Le convoi est en route et le CICR n'a pas eu l'opportunité de vérifier ce dont il est composé".

L'Ukraine exigeait initialement que les 1800 tonnes de cargaison soient déchargées des camions russes à la frontière, et transbordées sur des camions pris en charge par le CICR, pour parvenir en priorité à la population de Lougansk, un des bastions séparatistes prorusses de l'Est de l'Ukraine avec Donetsk, et peut-être celui où la situation humanitaire est la plus grave.

Les Russes font valoir qu'un tel transbordement prendrait énormément de temps, et ils proposent qu'après inspection à la frontière, leurs camions poursuivent leur route en Ukraine, sous l'égide du CICR, avec à leur bord des représentants de la Croix-Rouge, de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et du gouvernement ukrainien.

A Lougansk, qui comptait 500.000 habitants avant les hostilités, les autorités dénoncent une situation "critique". La ville n'a plus d'électricité ni d'eau courante.

Mais c'est à Donestk que l'armée ukrainienne mène depuis plus d'un mois sa principale offensive, avec pour but d'isoler cette ville de un million d'habitants avant les combats. Le pillonage d'artillerie ukrainienne paraît avoir considérablement affaibli les positions séparatistes, au prix de nombreuses victimes civiles.

Douze membres du mouvement ultranationaliste Pravy Sektor, qui combattent aux côtés des forces ukrainiennes, ont par ailleurs été tués mercredi dans une embuscade à Donetsk, selon les porte-parole du mouvement. L'armée ukrainienne a annoncé 11 morts en 24 heures.

- Intervention attendue de Poutine -

Plus de 1.300 personnes sont mortes depuis le début des combats dans l'Est de l'Ukraine, et au moins 285.000 autres ont fui les combats, selon l'ONU.

Le président russe Vladimir Poutine devait présider mercredi une réunion de son Conseil national de sécurité, en Crimée, péninsule ukrainienne rattachée en mars à la Russie.

Il devait ensuite s'exprimer jeudi, toujours en Crimée, devant des députés russes.

neo-bb/pt

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