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L'incertitude plane sur le convoi d'aide russe, en Ukraine

13/08/2014 07:26 EDT | Actualisé 13/10/2014 05:12 EDT

DONETSK, Ukraine - Des centaines de camions russes chargés d'une aide humanitaire destinée aux secteurs contrôlés par les rebelles dans l'est de l'Ukraine demeuraient immobilisés mercredi sur une base militaire de Voronej, dans le sud de la Russie.

L'Ukraine et la Russie ont conclu un accord fragile qui prévoit que l'aide sera livrée à un poste frontalier contrôlé par le gouvernement dans la province de Kharkiv, qui n'a pas été touchée par les violences des derniers mois. On ne sait toutefois pas si le convoi a vraiment l'intention de s'y rendre.

L'ONU a annoncé mercredi que le bilan des violences depuis la mi-avril a plus que doublé au cours des deux dernières semaines, à 2086 morts et près de 5000 blessés.

L'Ukraine exige que toute aide humanitaire soit examinée et approuvée par la Croix-Rouge, ce qui n'est pas le cas du convoi russe. Les responsables ukrainiens ont indiqué mardi que l'aide pourrait être déchargée au poste frontalier, avant d'être placée à bord de véhicules nolisés par la Croix-Rouge.

Cette entente semble toutefois plus fragile que jamais. Un porte-parole du président ukrainien Petro Porochenko accuse Moscou de possiblement planifier «une invasion directe du territoire ukrainien, sous prétexte de livrer de l'aide internationale».

Le porte-parole du Conseil ukrainien de sécurité nationale et de défense, Andriy Lysenko, a dit avoir «de l'information» indiquant que le convoi n'utilisera pas le poste frontalier de Kharkiv, «mais que personne ne sait où il ira».

Le convoi pourrait traverser la frontière plus au sud, dans un secteur contrôlé par les insurgés prorusses. Cette option excluerait presque certainement toute participation de la Croix-Rouge et est accueillie avec hostilité par Kiev.

M. Lysenko a prévenu que toute livraison d'aide «qui n'a pas le mandat de la Croix-Rouge (...) sera perçue comme étant des forces hostiles et la réponse fournie sera adéquate».

Un porte-parole du président russe Vladimir Poutine affirme que l'opération va de l'avant avec la collaboration de la Croix-Rouge, mais des représentants de l'organisation en Ukraine disent être à court de détails.

«Le trajet final n'est pas connu. En ce moment même nous essayons de déterminer où se trouve le convoi», a dit le porte-parole de la mission de la Croix-Rouge en Ukraine, Andre Loersch.

Les quelque 2000 tonnes métriques d'aide — qui comprennent des biens allant de la nourriture pour bébés à des génératrices portables — sont destinées aux civils de la région de Lougansk, qui a été le théâtre de combats féroces entre les insurgés prorusses et les forces gouvernementales.

La capitale régionale, Lougansk, est privée d'électricité depuis 11 jours et seuls les produits de base sont disponibles.

Par ailleurs, au moins 12 miliciens ukrainiens qui combattaient les rebelles aux côtés des forces gouvernementales ont été tués lors d'une ambuscade dans l'est du pays, a indiqué mercredi un porte-parole.

Artem Skoropatsky a précisé que les combattants de Secteur droit ont été abattus à bord d'un autocar à l'extérieur du bastion rebelle de Donetsk, qui est actuellement assiégé par le gouvernement.

Plusieurs autres personnes à bord de l'autocar ont été blessées ou capturées, a-t-il dit, sans toutefois pouvoir être plus précis. Il a dit craindre que les captifs ne soient maltraités ou exécutés.

Les combattants de Secteur droit ne font pas partie des forces gouvernementales mais ils coordonnent leurs activités avec les forces de l'ordre et le ministère de la Défense.

Secteur droit avait joué un rôle mineur, mais très visible, lors des manifestations populaires qui ont mené à la chute du président Viktor Ianoukovitch. Ses positions d'extrême-droite suscitent toutefois une certaine méfiance, surtout en Russie.

M. Lysenko a révélé mercredi que 11 personnes ont été tuées lors de combats, la veille, mais il n'a pu dire si ce bilan comprend les hommes de Secteur droit.

À Donetsk, au moins trois personnes ont été tuées dans la nuit de mardi à mercredi, alors que le gouvernement intensifiait sa campagne de bombardement. Des journalistes de l'Associated Press ont vu deux corps dans les rues, mercredi matin, tandis que les autorités municipales font état de trois morts.

Dix immeubles d'habitation et un hôpital auraient aussi été endommagés.

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