NOUVELLES

Les policiers utilisent les gaz pour disperser des manifestants au Missouri

13/08/2014 11:41 EDT | Actualisé 13/10/2014 05:12 EDT

FERGUSON, États-Unis - Des manifestations raciales ont tourné à l'émeute à Ferguson, une ville de la banlieue de St. Louis, mercredi, quelques jours après qu'un policier blanc eut abattu un adolescent noir non-armé. Des protestataires ont lancé des cocktails Molotov aux policiers qui ont répliqué en faisant usage de gaz lacrymogène et de bombes fumigènes pour disperser la foule.

Certains manifestants marchaient avec les mains en l'air lorsqu'ils se sont confrontés aux policiers. D'autres tenaient des pancartes demandant des réponses à la mort de Michael Brown. Le slogan le plus populaire scandé par les protestataires était: «Hands up! Don't Shoot!» («Les mains en l'air! Ne tirez pas!»).

Les tensions étaient vives dès le crépuscule. Les policiers, lourdement équipés, ont ordonné aux manifestants de retourner à la maison. Ils ont alors utilisé des bombes fumigènes et, après que certains protestataires eurent lancé des cocktails Molotov dans leur direction, des gaz lacrymogènes.

Plus tôt, deux journalistes, Wesley Lowery, du Washington Post, et Ryan Reilly, du Huffington Post, ont dit qu'ils avaient été détenus par la police. Ils ont raconté qu'ils avaient été menottés et enfermés dans un fourgon de la police après que des agents eurent fait évacuer un restaurant où ils rédigeaient des articles. M. Lowery aurait été poussé violemment contre une machine distributrice. Les deux journalistes ont ensuite été libérés sans que des accusations ne soient portées contre eux.

Selon le rédacteur en chef du Washington Post, Martin Baron, «il n'y avait aucune justification dans l'arrestation (de Lowery)». Le quotidien s'est dit atterré par la conduite des policiers impliqués dans cette opération.

Le chef de la police de Ferguson Thomas Jackson n'a pas rappelé l'Associated Press à ce sujet.

Celui-ci a indiqué, au courant de la journée, que l'enquête sur la mort de Michael Brown pourrait ne pas être complétée d'ici plusieurs semaines. Entre-temps, a-t-il ajouté, il accepte que son service reçoive de la formation sur les relations raciales en banlieue. À Ferguson, le deux tiers des 21 000 résidants sont noirs tandis que seulement trois des 53 officiers de police de l'endroit sont noirs.

Les versions du drame demeurent contradictoires

La police a affirmé que l'incident est survenu après qu'un agent eut rencontré Michael Brown et un autre homme dans la rue.

Selon les autorités, un des deux hommes aurait poussé le policier dans un véhicule, l'aurait agressé et tenter de lui voler son arme.

Au moins, un coup de feu a été tiré à l'intérieur de l'automobile. La bagarre s'est poursuivie dans la rue où Brown a été atteint par plusieurs balles. Au cours de conférence de presse initiale, la police n'a pas précisé si Brown était la personne impliquée dans l'escarmouche et a refusé de clarifier sa version des événements.

Mercredi, M. Jackson a affirmé que le policier souffrait de plusieurs blessures au visage.

Dorian Johnson, qui dit être celui qui accompagnait Michael Brown au moment du drame, et un autre témoin ont tous dit que M. Brown avait les mains en l'air quand le policier l'a abattu.

PLUS:pc