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Les mises en chantier devraient diminuer d'ici deux ans, estime la SCHL

13/08/2014 12:37 EDT | Actualisé 13/10/2014 05:12 EDT

OTTAWA - Le marché canadien de l'habitation pourrait commencer à montrer des signes de ralentissement au cours des deux prochaines années, alors que les constructeurs voudront commencer à réduire leurs stocks, ont estimé mercredi la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) dans ses plus récentes prévisions.

L'agence nationale s'attend à ce que les mises en chantier au Canada s'établissent entre 179 600 et 189 900 unités en 2014, pour reculer entre 163 000 et 203 200 unités en 2015.

«Récemment, des tendances ont fait état d’une augmentation des mises en chantier d’habitations, ce qui est largement soutenu par les facteurs démographiques fondamentaux», a indiqué dans un communiqué l'économiste en chef de la SCHL, Bob Dugan.

«Toutefois, selon notre plus récente prévision, le niveau d’activité baissera sur les marchés de l’habitation, car les constructeurs voudront vraisemblablement réduire leurs stocks plutôt que de commencer de nouveaux ensembles.»

Selon les perspectives du troisième trimestre de la SCHL, les ventes réalisées par l'entremise du Service Inter-Agences (surtout connu sous son acronyme anglophone MLS) devraient s'établir entre 450 800 et 482 700 unités en 2014, avec un prix moyen oscillant entre 394 700 $ et 405 700 $.

Pour 2015, le nombre de ventes devrait s'établir entre 455 800 et 502 900 unités, au prix moyen de 396 500 $ à 416 900 $, a poursuivi la SCHL.

«Cela ressemble certainement à un atterrissage en douceur», a observé Benjamin Reitzes, économiste principal à la Banque de Montréal.

«Le marché de l'habitation s'est montré résilient malgré les avertissements soutenus quant à un écroulement des prix, des ventes, ou du marché de copropriétés. Les ventes sont toujours restées fortes et nous avons également vu que la construction est toujours restée forte, à la surprise de pas mal tout le monde.»

Les ventes devraient commencer à ralentir l'an prochain, avec le début de la hausse des taux d'intérêt, ce qui devrait conséquemment entraîner un ralentissement de la construction, a-t-il observé.

Il se construit actuellement environ 200 000 logements sur une base annuelle, a souligné M. Reitzes, mais la construction devrait reculer entre 180 000 et 190 000 logements par année pour éviter un excédent des stocks.

En ce qui a trait aux prix, a-t-il ajouté, ils dépendent largement du marché dans lequel se trouvent les acheteurs.

«Le marché des dynamique à Toronto, solide à Vancouver et très vigoureux à Calgary. Ces régions sont celles qui font grimper les prix à travers le pays», a-t-il expliqué.

Les mises en chantier dans les Prairies devraient avancer à 52 900 unités en 2014, avant de ralentir à 50 800 l'an prochain. La migration nette vers cette partie du pays devrait reculer par rapport à son niveau record de 2013, tout comme la croissance de son marché de l'emploi.

L'activité du marché de l'habitation en Ontario devrait reprendre son élan d'ici la fin de 2014, avant de prendre un répit en 2015. Les mises en chantier dans cette province devraient s'établir entre 50 900 et 63 300 unités au cours des deux prochaines années.

Les mises en chantier au Québec devraient se dénombrer à 38 400 unités en 2014 et à 38 700 unités en 2015, la croissance modérée de l'économie et du marché de l'emploi devant retenir la demande pour les maisons neuves et celles déjà existantes.

Dans les provinces de l'Atlantique, les mises en chantier devraient décroître de près de 14 pour cent en 2014 et d'un autre trois pour cent en 2015, dans un contexte de ralentissement de la croissance économique.

Plus tôt cette semaine, la SCHL a indiqué dans sa mise à jour mensuelle que les mises en chantier avait avancé au taux désaisonnalisé et annualisé de 200 098 unités en juillet, une légère accélération par rapport à la cadence de 198 665 unités en juin.

Il s'agissait du cinquième mois consécutif de hausse dans la construction de nouvelles habitations. Les gains étaient concentrés dans les centres urbains en Ontario et dans les provinces de l'Atlantique, tandis que les provinces des Prairies et le Québec enregistraient des reculs. De modestes diminutions ont aussi été observées en Colombie-Britannique.

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