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Irak: la France enverra des armes aux combattants kurdes

13/08/2014 09:15 EDT | Actualisé 13/10/2014 05:12 EDT

PARIS - La communauté internationale se mobilise pour porter secours aux membres de la minorité yézidie qui sont coincés dans les montagnes près de la ville de Sinjar, et que les combattants d'État islamique menacent d'exterminer s'ils ne se convertissent pas à l'Islam.

La France a annoncé mercredi l'envoi d'armes aux combattants kurdes qui luttent contre État islamique, affirmant que la situation au Kurdistan irakien est «catastrophique».

La France a refusé de fournir plus de détails quant aux armes qui seront envoyées en Irak, mais Paris affirme que cette opération sera coordonnée avec le gouvernement irakien. Des agences américaines du renseignement arment déjà directement les combattants kurdes.

La France s'était précédemment engagée à envoyer 20 tonnes d'aide humanitaire — notamment des tentes, des médicaments et de l'équipement de traitement des eaux — à Irbil, la capitale kurde, au cours des prochaines heures.

Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne se rencontreront d'urgence vendredi pour coordonner leur approche face à la crise et pour approuver les expéditions européennes d'armes déjà annoncées, a indiqué mercredi un diplomate européen sous le couvert de l'anonymat.

Le premier ministre britannique David Cameron a coupé court à ses vacances pour présider une rencontre de son comité d'urgence, mais il ne s'est pas encore engagé à armer les Kurdes.

Pour sa part, le premier ministre australien Tony Abbott a évoqué l'envoi possible de soldats en Irak pour secourir les Yézidis. M. Abbott a dit que l'Australie doit faire tout en son pouvoir pour protéger ceux qui sont menacés de génocide.

Le ministre australien de la Défense, David Johnston, a toutefois prévenu qu'il est fort peu probable de voir des soldats de son pays au sol en Irak, tant que Washington continuera à exclure l'envoi de ses propres soldats pour une mission de combat.

L'Australie contribue déjà des appareils pour transporter l'aide humanitaire.

Le Vatican a publié mercredi le texte d'une lettre envoyée samedi par le pape François au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, dans laquelle il demande à la communauté internationale d'agir pour mettre fin «à la tragédie humanitaire qui se déroule actuellement». L'ambassadeur du Vatican à l'ONU à Genève, monseigneur Silvano Tomasi, était allé plus loin dimanche, déclarant à Radio Vatican qu'une «intervention militaire est peut-être nécessaire en ce moment». L'ambassadeur du pape à Bagdad a lui aussi endossé les frappes aériennes américaines.

Mardi, un hélicoptère de l'armée irakienne qui venait en aide aux réfugiés s'est écrasé, tuant le pilote. Une journaliste du quotidien New York Times qui se trouvait à bord a aussi été blessée.

Un drone américain a également détruit une position d'artillerie qui menaçait les forces kurdes qui défendent les réfugiés, près de la frontière avec la Syrie.

Cent trente soldats américains sont aussi arrivés mardi à Irbil, pour aider à coordonner les opérations de secours à l'intention des Yézidis.

Par ailleurs, État islamique s'est emparé de deux villes importantes et de plusieurs villages dans le nord de la Syrie, près de la frontière avec la Turquie. La capture de la ville d'Akhtarin aurait notamment une grande importance stratégique et le but des militants semble être de se rendre jusqu'à Marea, un bastion du groupe Front islamique qui lutte contre État islamique.

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