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Indonésie: les deux journalistes français soupçonnés de "propagande anti-indonésienne"

13/08/2014 06:17 EDT | Actualisé 13/10/2014 05:12 EDT

Les deux journalistes français retenus en Indonésie depuis leur interpellation il y a une semaine, lors d'un reportage sur les rebelles séparatistes de la province de Papouasie, sont soupçonnés de "propagande anti-indonésienne", a annoncé mercredi la police locale.

Thomas Dandois et Valentine Bourrat, qui sont venus en Indonésie avec un visa de tourisme pour réaliser un reportage pour la chaîne de télévision franco-allemande Arte, ont été interpellés le 6 août, officiellement pour infraction à la législation sur l'immigration car suspectés de travail illégal.

"Outre la violation de la loi sur l'immigration, il y a une indication claire selon laquelle ils ont participé à de la propagande anti-indonésienne", a déclaré à l'AFP un porte-parole de la police de Papouasie, Sulistyo Pudjo.

"Ils ont aidé des gens à commettre une trahison. Mais l'enquête est toujours en cours, nous ne sommes pas encore au stade final", a-t-il ajouté, soulignant que les deux journalistes étaient venus en Papouasie à l'invitation de rebelles séparatistes.

Contactée par l'AFP, l'ambassade de France à Jakarta a indiqué être en relations avec les autorités indonésiennes "pour trouver une solution rapide à cette situation". Deux représentants de l'ambassade devaient se rendre en Papouasie jeudi et vendredi "dans le cadre d'une visite consulaire" aux deux journalistes.

Thomas Dandois avait été interpellé dans un hôtel de la ville de Wamena (est) en compagnie de trois membres du Mouvement de la Papouasie libre (OPM), selon des renseignements communiqués précédemment par la police.

Les deux journalistes avaient été placés en garde à vue à Jayapura, capitale de la Papouasie. Il n'a pas été précisé combien de temps ils pourraient être retenus par les autorités indonésiennes.

Les rebelles rencontrés par les journalistes venaient des montagnes du centre de la Papouasie, dans le district de Lanny Jaya, où cinq rebelles ont été abattus au début du mois dans un échange de coups de feu avec des militaires. Deux policiers avaient été tués quelques jours plus tôt dans une embuscade attribuée à l'OPM.

D'origine mélanésienne, les rebelles tentent depuis des années de mettre fin au pouvoir indonésien, qu'ils accusent d'exploiter les Papous, un peuple pauvre vivant dans cette région riche en ressources naturelles.

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