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François fait une première visite papale en Corée du Sud depuis 1989

13/08/2014 10:48 EDT | Actualisé 13/10/2014 05:12 EDT

SÉOUL, Corée du Sud - Le pape François a lancé jeudi un appel à la paix sur la péninsule coréenne en demandant aux deux Corées d'éviter les critiques et les démonstrations de force «stériles», entamant sa visite de cinq jours dans la région avec un message de réconciliation au moment où la Corée du Nord tirait cinq projectiles dans la mer.

La Corée du Nord s'assure habituellement de ne pas passer inaperçue lors d'événements importants en Corée du Sud, et les tirs effectués jeudi depuis sa côte orientale semblaient destinés à rappeler son existence au monde.

Le pape a profité du premier discours de son premier voyage en Asie pour lancer à la présidente sud-coréenne Park Geun-hye et à des membres de son gouvernement que la paix passe par le pardon, la coopération et le respect mutuel. Il a ajouté que la diplomatie doit être encouragée pour que l'écoute et le dialogue puissent remplacer «les récriminations mutuelles, les critiques stériles et les démonstrations de force».

«Nous ne pouvons être découragés dans notre poursuite de ces buts qui sont pour le bien non seulement du peuple coréen mais de toute la région et de tout le monde», a-t-il dit.

Le pape argentin s'est exprimé en anglais, soit le premier discours de son pontificat dans cette langue. Il utilise habituellement l'italien ou son espagnol natal, mais le Vatican a indiqué qu'il prononcera au moins quatre discours en anglais pendant son voyage, par respect envers son auditoire asiatique.

Les tirs nord-coréens se sont produits à Wonsan, a dit le ministère sud-coréen de la Défense, et trois projectiles ont parcouru environ 220 kilomètres avant de s'abîmer dans l'océan. Ces trois tirs sont survenus environ une heure avant l'arrivée du pape, puis Pyongyang a récidivé avec deux autres tirs peu après qu'il se soit posé.

Ni le pape, ni Mme Park n'ont fait référence à ces tirs lors de leurs commentaires publics.

Les organisateurs de la visite papale avaient invité une délégation de catholiques nord-coréens à assister à la messe de paix et de réconciliation du 18 août, mais la Corée du Nord a annoncé à la fin du mois dernier qu'ils ne seraient pas présents pour différentes raisons.

Peu après son arrivée à l'aéroport, au sud de Séoul, le pape a serré les mains de quatre parents de victimes d'un naufrage de traversier sud-coréen qui a tué plus de 300 passagers. Il a aussi rencontré deux descendants de martyrs coréens qui sont morts plutôt que renoncer à leur foi. Le pape prévoit béatifier 124 martyrs coréens qui ont fondé l'église sur la péninsule au 18e siècle.

Une cérémonie de bienvenue du pape s'est ensuite tenue au palais de la présidente sud-coréenne. Mme Park a dit espérer que la présence du pape guérira la «longue blessure de division» de la péninsule coréenne, en référence à la guerre de 1950-1953 qui continue à diviser les Corées le long de la plus importante frontière fortifiée de la planète.

«La division est une cicatrice importante pour tous les Coréens», a-t-elle dit.

Le pape a cherché à appuyer la poursuite de la paix.

«La quête de la paix par la Corée est une cause qui nous tient à coeur, puisqu'elle touche la stabilité de toute la région et même de toute notre planète épuisée par la guerre, a-t-il dit. Puissions-nous tous dédier ces jours à la paix: prier pour elle et confirmer notre détermination à l'atteindre.»

Le pape se trouve principalement en Asie pour assister, vendredi à Daejon, à un festival de jeunes catholiques asiatiques. Plusieurs jeunes Chinois qui désiraient y participer ont toutefois été incapables de le faire en raison d'une «situation compliquée», a dit un des organisateurs en référence à l'absence de relations diplomatiques entre le Saint-Siège et Pékin.

Le pape François a malgré tout transmis jeudi un télégramme de salutations et de prières au président Xi Jinping, au moment où son avion traversait l'espace aérien chinois.

Il s'agit de la première visite d'un pape en Corée du Sud depuis celle de Jean Paul II en 1989. Le pape François doit se rendre au Sri Lanka et aux Philippines en janvier.

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