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Enceinte de son premier enfant, la patineuse Marie-Ève Drolet ratera la saison

13/08/2014 11:33 EDT | Actualisé 13/10/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - La patineuse de vitesse sur courte piste et double médaillée olympique Marie-Ève Drolet devra rater la prochaine saison et pourtant, vous ne trouverez pas plus heureuse patineuse qu'elle au sein de l'équipe nationale.

C'est que la patineuse de 32 ans et son conjoint, Corey Crysler, attendent pour la première fois la venue de la cigogne, qui devrait passer autour du 17 janvier prochain, une visite que le couple a planifiée.

«Quand j'ai décidé de poursuivre jusqu'aux Jeux de Pyeongchang (en 2018), j'ai réalisé que j'aurai alors 36 ans. C'est sûr qu'on veut des bébés et je suis déjà rendue à 32 ans, alors je suis prête à en avoir. C'est sûr qu'avec le patin, c'est pas évident. L'idéal était d'avoir le bébé maintenant, comme ça j'aurai trois ans pour faire un retour pour 2018.

«On s'est donc dit qu'on allait essayer un ou deux mois et qu'on verrait ce qui allait arriver. Si ça n'avait pas fonctionné, j'aurais attendu après (Pyeongchang). Mais je me compte vraiment chanceuse. Je suis surprise que ça ait été aussi vite; mon corps devait être prêt à ça.»

Drolet ne voulait pas l'annoncer à tout le monde avant d'être certaine que la grossesse se passait bien, mais elle a tout de même consulté le médecin de l'équipe nationale.

«Je voulais savoir si je pouvais patiner ou pas, mais on m'a tout de suite arrêtée: le risque de fausse couche est trop élevé en raison des nombreuses chutes à l'entraînement», a expliqué celle qui a complété un baccalauréat en psychologie au cours d'une longue pause du patinage, entre 2002 et 2008.

Pendant son absence, Drolet sera suivie par le personnel médical et de condition physique de l'équipe nationale. Elle continuera de recevoir l'appui financier de Sport Canada.

«Je ne savais pas si j'allais continuer à toucher mon salaire d'athlète, mais en m'engageant par écrit jusqu'en 2018, eux vont continuer de m'appuyer, ce que j'apprécie beaucoup.»

Médaillée de bronze au relais féminin des Jeux de 2002, à Salt Lake City, ainsi que d'argent à la même épreuve en 2014, à Sotchi, Drolet a remporté 25 autres médailles en compétitions internationales: six aux Championnats du monde (deux d'argent, quatre de bronze), 17 en Coupes du monde (deux d'or, 13 d'argent et quatre de bronze), et deux de bronze aux Championnats du monde par équipe.

Elle a également connu une très fructueuse carrière au niveau junior, remportant 10 médailles en quatre Mondiaux, en 1997, 1999, 2000 et 2001. Elle a été couronnée championne du monde junior en terminant au premier rang du classement général en 2000 et 2001 et a remporté le titre d'athlète féminine de l'année sur courte piste de Patinage de vitesse Canada en 1999, 2000 et 2001. Elle détient toujours le record canadien junior ISU au 1000 m depuis 2000 (1:33,32).

L'athlète de Saguenay souhaite reprendre l'entraînement avec le reste de l'équipe en mai prochain.

«Je ne sais pas exactement comment ça va se passer, mais j'imagine que je devrai repasser par les qualifications comme tout le monde le fait à chaque année. Mais le plus facile à faire, c'est de revenir quand le groupe n'est pas au sommet de sa forme, donc au début mai.

«C'est sûr qu'en accouchant au mois de janvier, ça ne me donne pas beaucoup de temps et je verrai comment ça va aller. Mais ce sera plus facile de revenir si le groupe n'est pas au sommet de sa forme pendant que moi je ne serai pas du tout 'en shape'.»

A-t-elle songé à l'éventualité que cette planification ne ferait plus son affaire une fois bébé arrivé?

«C'est certain que ça va être difficile, j'en suis certaine, a-t-elle dit. Mais je suis prête à relever ce beau défi que je me lance. Je sais que je vais avoir beaucoup de hauts et de bas. Je vais regarder ça mois par mois et je verrai comment ça vient. Je suis quand même réaliste: je sais à quoi m'attendre. Mais je vais toujours continuer à patiner, ça aussi c'est certain.»

Drolet compte se documenter sur les autres athlètes qui sont revenues à la compétition après donné naissance à un enfant; elle cite notamment en exemple l'heptathlète Jessica Zelinka, qui a pris la septième place des Jeux de Londres, en 2012, après avoir donné naissance à sa fille en 2009, quelques mois après les Jeux de Pékin.

«Ce sont des modèles, c'est sûr! Ça ne sera pas facile, mais on voit que ça peut se faire.»

En attendant, elle passe l'été à St-Ludger-de-Milot, au Saguenay-Lac-St-Jean, où son conjoint, qui est acupuncteur, plante des arbres tout l'été.

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