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Ebola gagne encore du terrain, la communauté internationale promet d'aider l'Afrique

13/08/2014 06:45 EDT | Actualisé 13/10/2014 05:12 EDT
CELLOU BINANI via Getty Images
A picture taken on June 28, 2014 shows Red Cross staff preparing a body for burial at the isolation ward of the Donka Hospital in Conakry, where people infected with the Ebola virus are being treated. The World Health Organization has warned that Ebola could spread beyond hard-hit Guinea, Liberia and Sierra Leone to neighbouring nations, but insisted that travel bans were not the answer. To date, there have been 635 cases of haemorrhagic fever in Guinea, Liberia and Sierra Leone, most confirmed as Ebola. A total of 399 people have died, 280 of them in Guinea. AFP PHOTO / CELLOU BINANI (Photo credit should read CELLOU BINANI/AFP/Getty Images)

La communauté internationale a promis d'aider l'Afrique de l'Ouest face à Ebola, qui a fait plus de 1.000 morts --dont 56 en deux jours-- dans quatre pays de cette région confrontée à un manque de moyens.

Le dernier bilan communiqué mercredi par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) fait état de 1.069 morts sur plus de 1.975 cas (confirmés, suspects ou probables), essentiellement en Guinée, en Sierra Leone et au Liberia, trois morts ayant été enregistrés au Nigeria.

Cela représente 56 nouveaux décès en deux jours et un taux de létalité de 54%.

L'Allemagne a appelé ses citoyens à "quitter la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia", en précisant que sa demande ne concernait "pas formellement le personnel médical" et que ses ambassades restaient ouvertes.

Mardi, le Japon avait annoncé l'évacuation, en cours, de 24 de ses coopérants des trois pays sévèrement affectés. Le même jour, la Guinée-Bissau a annoncé la fermeture de ses frontières avec la Guinée voisine "jusqu'à nouvel ordre".

A Ryad, les monarchies du Golfe se concertaient sur les moyens de se prémunir de l'épidémie, à l'approche du pèlerinage annuel de La Mecque, en Arabie saoudite, prévu début octobre et qui rassemble en moyenne deux millions de musulmans du monde entier.

Autant de décisions traduisant une peur de contamination internationale en dépit des appels à la sérénité de l'ONU et de l'OMS.

"Nous devons éviter la panique et la peur, il est possible d'arrêter Ebola", avait dit mardi le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, qui a nommé un coordinateur des Nations unies pour Ebola, le médecin britannique David Nabarro.

M. Ban avait annoncé le renforcement prochain des actions de l'ONU contre l'épidémie, notamment l'envoi de personnels médicaux et de matériel de protection.

La Sierra Leone a perdu son deuxième responsable médical anti-Ebola en deux semaines, ont révélé des autorités sanitaires mercredi, alors que 24 agents de santé, essentiellement des infirmiers, ont été mis en quarantaine ces derniers jours à Freetown.

Le président sierra-léonais, Ernest Bai Koroma, a demandé l'aide de la communauté internationale pour trouver 13,5 millions d'euros pour faire face à l'épidémie.

Le gouvernement a de son côté indiqué qu'il allait demander un sérum expérimental, le "ZMapp", développé par un laboratoire privé américain, qui a donné des résultats positifs sur deux Américains contaminés au Liberia mais n'a pas permis de sauver un prêtre espagnol décédé mardi.

L'OMS "vient d'approuver notre requête pour que le ZMapp soit mis à disposition à la fois en Sierra Leone et au Liberia", a déclaré Sidi Yahya Tunis, un responsable gouvernemental.

- "Nous sommes mal protégés" -

Au Liberia, deux médecins testés positifs au virus Ebola étaient dans l'attente de cet anticorps. Ils ont donné leur consentement aux autorités libériennes et américaines pour que l'anticorps expérimental soit utilisés sur eux, a précisé la présidence.

En revanche, la Guinée n'a pas pour l'instant demandé à bénéficier de ce sérum, selon une source gouvernementale à Conakry, où des agents de santé de l'hôpital Donka, abritant un centre anti-Ebola, exprimaient leur inquiétude, en déplorant la faiblesse des moyens à leur disposition.

"Nous sommes mal protégés, nous avons perdu 25 de nos collègues" depuis le début de l'épidémie, déclarée il y a huit mois dans le sud-est de la Guinée, a affirmé une infirmière de cet hôpital.

La société pharmaceutique américaine qui a élaboré le ZMapp avait annoncé lundi avoir expédié la totalité des doses disponibles en Afrique de l'Ouest, sans préciser de pays, assurant que le traitement avait été fourni "gratuitement dans tous les cas".

Mercredi, le Canada a annoncé qu'il allait donner à l'OMS entre 800 et 1.000 doses d'un vaccin expérimental contre le virus Ebola, baptisé VSV-EBOV, développé dans un de ses laboratoires. Ce traitement préventif n'a pas encore été testé sur des humains mais "s'est révélé prometteur dans la recherche sur les animaux", a précisé le ministère canadien de la Santé.

Face à l'ampleur de l'épidémie, un comité d'experts réuni par l'OMS a jugé mardi "éthique d'offrir des traitements non homologués dont l'efficacité n'est pas encore connue ainsi que les effets secondaires, comme traitement potentiel ou à titre préventif".

Au Nigeria, une infirmière qui avait été en contact avec le Libérien mort d'Ebola fin juillet à Lagos, s'est rendue dans l'est du pays, à Enugu, en dépit de l'interdiction gouvernementale de quitter la capitale économique. "Vingt et une personnes sont en observation à Enugu", a indiqué le ministre de l'information Labaran Maku.

Aucun cas d'Ebola n'a jusqu'à présent été confirmé en dehors de Lagos.

La Confédération africaine de football (CAF) a par ailleurs demandé à la Fédération guinéenne (FGF) de délocaliser les matches des équipes nationales guinéennes jusqu'à la mi-septembre en raison de l'épidémie.

Aux marches du continent, dans le détroit de Gibraltar et dans l'enclave espagnole de Melilla, les membres de la Garde civile qui ont récupéré ces derniers jours plus d'un millier de migrants d'Afrique subsaharienne étaient pour certains équipés de gants et de masques de protection afin de se prémunir du virus.

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