NOUVELLES

Une stèle antique réclamée par des Chinois à l'empereur du Japon (média)

12/08/2014 02:18 EDT | Actualisé 11/10/2014 05:12 EDT

Une organisation "citoyenne" chinoise a demandé à l'empereur du Japon Akihito de restituer à Pékin une stèle vieille de 1.300 ans, emportée hors de Chine par des forces japonaises il y a un siècle, a rapporté un média d'Etat.

La stèle dite de Honglujing "a été dérobée par des soldats japonais au début du XXe siècle dans le nord-est de la Chine" et est désormais conservée au sein du palais impérial japonais, selon l'agence officielle Chine nouvelle.

L'"Association chinoise de réclamation de dommages et intérêts au Japon" (CFDC) a envoyé dimanche une lettre adressée à Akihito ainsi qu'au gouvernement nippon, via l'ambassade japonaise à Pékin.

La pierre dont cette association exige la restitution, haute de 1,8 mètre, a une forte valeur symbolique: le texte qui y est gravé relate comment le premier souverain du royaume de Balhae en Asie du Nord-Est s'était vu délivrer son titre par un empereur chinois de la dynastie Tang (618-907).

Balhae (Bohai en chinois) est considéré par Séoul et Pyongyang comme une ancienne entité coréenne, mais les experts chinois insistent régulièrement sur l'emprise culturelle et politique de la Chine impériale sur le royaume en question, ce qui suscite le courroux des spécialistes et dirigeants sud-coréens.

Cette demande de restitution intervient alors que les relations entre Pékin et Tokyo ne cessent de se dégrader, envenimées par un vif différend territorial sur un archipel de mer de Chine orientale, ainsi que par des contentieux historiques.

Il n'était pas précisé pourquoi Akihito avait été inclus parmi les destinataires de la lettre, étant donné qu'il n'a aucun pouvoir en la matière, les possessions du palais impérial dépendant en réalité de l'Etat.

La stèle avait été saisie dans une région chinoise reprise par les forces nippones à la Russie lors de la guerre russo-japonaise de 1904-1905, et la pierre avait été envoyée au Japon en 1908, selon Chine nouvelle.

L'organisation "citoyenne" à l'origine du courrier avait été crée 2006 pour "demander au Japon des compensations au titre des souffrances et pertes personnelles, matérielles et spirituelles provoquées" par les invasions des forces nippones en Chine au cours du XXe siècle, a précisé le média d'Etat.

En 2005, le Japon avait restitué à Séoul une stèle commémorant des victoires des armées coréennes contre des envahisseurs nippons au XVIe siècle. Cette stèle avait été emportée au Japon au début du XXe siècle.

Séoul l'avait finalement acheminée ultérieurement vers la Corée du nord, pour qu'elle soit réinstallée à son emplacement d'origine.

kgo-jug/jh

PLUS:hp