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Un convoi humanitaire russe en route vers l'Ukraine malgré les mises en garde occidentales

12/08/2014 08:28 EDT | Actualisé 12/10/2014 05:12 EDT

Un convoi humanitaire russe de 280 camions faisait route mardi vers l'Ukraine pour apporter une aide aux populations victimes des combats dans l'est du pays, mais Kiev a prévenu qu'il refuserait l'entrée de ce convoi sur son sol, et les Occidentaux continuaient à mettre en garde Moscou contre toute intervention unilatérale chez son voisin.

Formant une colonne s'étalant sur plus de trois kilomètres, les camions blancs sont partis très tôt mardi depuis la base militaire d'Alabino, dans la grande banlieue sud-ouest de Moscou, précise l'agence Ria Novosti dans la légende d'une de ses photos.

Les véhicules, bénis à leur départ par un pope orthodoxe, sont attendus mercredi à la frontière avec l'Ukraine, indique l'agence Ria Novosti citant une source proche de l'opération.

Le président russe Vladimir Poutine avait justifié lundi l'envoi de cette aide par les conséquences "catastrophiques" selon lui de l'offensive d'envergure menée par l'armée ukrainienne contre Donetsk et Lougansk, les deux derniers bastions des insurgés séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine.

Mais l'Ukraine, qui accuse la Russie d'armer les rebelles prorusses -- ce que dément Moscou -- a prévenu qu'un tel convoi ne pourrait pénetrer sur son territoire. "Cette cargaison pourrait traverser un poste-frontière ukrainien et être rechargée dans des véhicules du Comité international de la Croix-Rouge. Nous n'accepterons pas que (l'aide humanitaire) soit accompagnée par le ministère russe des Situations d'urgence ou par des militaires russes", a déclaré à Kiev le chef adjoint de la présidence ukrainienne, Valéri Tchaly.

- Mise en garde française -

Le président français François Hollande a pour sa part été mardi le dernier chef d'Etat occidental en date à mettre en garde Moscou, en "insistant sur les très vives inquiétudes que suscitait la perspective d'une mission unilatérale russe sur le territoire ukrainien", dans une conversation téléphonique avec M. Poutine rapportée par l'Elysée.

Aucun véhicule militaire n'était visible au sein ou à proximité du long convoi de camions, dépourvus de plaque d'immatriculation, selon les images des télévisions russes. Le porte-parole de M. Poutine, Dmitri Peskov, avait assuré la veille à l'AFP que le convoi serait "sans escorte militaire", alors que Kiev et l'Occident soupçonnent la Russie de vouloir, sous couvert d'une telle aide, voler au secours des rebelles prorusses mis en grande difficulté par l'offensive ukrainienne.

Si certains camions russes arboraient le drapeau de la Croix-Rouge, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a fait savoir "qu'il avait encore besoin d'obtenir davantage d'informations avant de pouvoir aller de l'avant" dans son éventuelle collaboration avec l'initiative humanitaire russe.

La Russie ne se cache d'ailleurs guère d'avoir pris les devants dans cette affaire. "La question du lieu d'arrivée et de distribution de l'aide humanitaire aux habitants de l'Ukraine sera décidée conjointement avec les représentants de la Croix-Rouge et de la partie ukrainienne", selon le porte-parole du ministère russe pour les situations d'urgence (MTchS), Alexandre Drobychevski.

- L'opposition russe ironise -

Ce ministère avait été désigné la veille par le pouvoir russe comme responsable de l'opération humanitaire, ce qui suscitait mardi l'ironie de l'opposant numéro un du Kremlin Alexeï Navalny sur son compte Twitter: "Le convoi humanitaire est parti d'Alabino. Et Alabino c'est quoi ? La base de la division motorisée Tamanskaïa. Voilà pour le MTchS !"

"Le convoi va apporter aux habitants de l'est de l'Ukraine environ 2.000 tonnes de matériel humanitaire, collecté par les habitants de Moscou et de ses environs", selon un responsable de l'administration de la région de Moscou cité par l'agence Ria Novosti.

A bord des camions ont été stockés 400 tonnes de céréales, 100 tonnes de sucre, 54 tonnes de médicaments et matériel médical, ainsi que 69 générateurs, selon les Russes.

Le gouvernement ukrainien avait prévenu lundi que la Russie pouvait tout au plus participer à une opération humanitaire internationale, destinée à la seule ville de Lougansk, menée par le CICR, et pour laquelle le président ukrainien Petro Porochenko a obtenu le soutien des Etats-Unis et de l'Union européenne.

L'armée ukrainienne s'apprête à encercler "définitivement" Lougansk, a pour sa part assuré mardi le service de presse de l'opération militaire ukrainienne menée dans l'est de l'Ukraine. "Les militaires ont l'intention de couper aux combattants les routes vers la Russie et d'encercler définitivement Lougansk", selon un communiqué.

A Lougansk, capitale régionale qui comptait 500.000 habitants avant les hostilités, les autorités dénoncent une situation "critique" depuis dix jours, alors que la ville n'a plus d'électricité, d'eau courante et que l'essence et les réserves de nourriture s'épuisent rapidement.

A Donetsk, chef-lieu de l'Est, des explosions ont retenti dans la nuit de lundi à mardi, mais elles étaient moins intenses que les nuits précédentes, selon une journalistes de l'AFP.

Enfin, la Russie a ouvert une enquête sur la disparition en Ukraine d'un journaliste de l'agence de presse russe Ria Novosti, Andreï Stenin, qui n'a pas donné de signe de vie depuis une semaine.

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