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Le Canada offrira des doses d'un vaccin expérimental contre l'Ebola

12/08/2014 07:59 EDT | Actualisé 12/10/2014 05:12 EDT

TORONTO - Le Canada fait don à l'étranger de plusieurs centaines de doses d'un vaccin expérimental contre l'Ebola, après que l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) eut jugé, mardi, éthique d'utiliser des médicaments et vaccins expérimentaux pour lutter contre l'épidémie qui déferle actuellement sur l'Afrique de l'Ouest, en autant que les conditions appropriées soient réunies.

Bien qu'un nombre précis n'ait pas encore été établi, l'offre se situerait entre 800 à 1000 doses, a indiqué le gouvernement. Aussi, le Canada donne à l'OMS un montant de 185 000 $ — qui s'ajoute aux 5,2 millions $ déjà annoncés — pour aider à combattre l'éclosion.

L'offre du vaccin a été confirmée par la ministre fédérale de la Santé, Rona Ambrose, à la directrice générale de l'OMS, Margaret Chan, par téléphone, mardi.

«Notre gouvernement est déterminé à faire tout ce qui est possible pour soutenir nos partenaires internationaux, incluant l'offre de travailleurs pour aider dans la réponse à l'éclosion et le financement et l'accès à notre vaccin expérimental», a dit Mme Ambrose.

Le Canada conservera de légers stocks du vaccin expérimental au pays en cas de besoin.

Le docteur Gregory Taylor, administrateur en chef adjoint à l'Agence de la santé publique du Canada, a affirmé que le Canada comptait environ 1500 doses.

Le gouvernement affirme que le vaccin, mis au point par des scientifiques au laboratoire national de microbiologie de l'Agence à Winnipeg, n'a jamais été testé sur des humains, mais a montré des signes prometteurs sur des animaux.

Deux travailleurs américains ont été les premières personnes à avoir été traitées avec le produit expérimental appelé ZMapp, un cocktail de trois anticorps monoclonaux. Ces anticorps — dont deux ont été conçus au laboratoire à Winnipeg — ciblent des portions spécifiques du virus Ebola.

L'état de santé de ces deux travailleurs s'améliorait. Un prêtre missionnaire espagnol infecté par le virus Ebola, qui avait aussi reçu le traitement, est décédé mardi dans un hôpital de Madrid.

M. Taylor a fait valoir qu'il s'agissait d'un approvisionnement d'urgence qui pourrait être utilisé si un travailleur humanitaire ou médecin en première ligne était infecté.

M. Taylor a affirmé en entrevue que l'agence discuterait des options possibles avec ses partenaires internationaux, l'OMS et les pays touchés au cours des prochains jours pour tenter de convenir du meilleur plan pour l'usage des doses limitées.

«Il est difficile d'agir rapidement. Mais nous tentons de le faire le plus rapidement possible, étant donné la situation en Afrique», a-t-il argué.

Les derniers stocks américains étaient en route mardi pour le Libéria pour traiter deux médecins touchés. Le fabricant américain a affirmé que ses stocks étaient «épuisés».

Aucun vaccin ou traitement contre l'Ebola n'a été approuvé officiellement, mais plusieurs travaux sont en cours.

Le vaccin canadien semble non seulement prévenir l'infection chez les primates, mais également éviter des symptômes graves de la maladie si administré peu après l'exposition au virus.

L'Agence de la santé publique du Canada a fait fabriquer plus tôt cette année en Allemagne environ 1500 doses, qui devaient faire l'objet de recherches additionnelles au pays. Le vaccin, qui n'est pas lié pour l'instant à une grande entreprise pharmaceutique, est désigné par le nom de VSV-EBOV. Le Canada en détient la propriété intellectuelle.

Le coût de production du vaccin illustre pourquoi les approvisionnements sont si limités. M. Taylor a affirmé que la facture pour produire cette série avait été entre 1000 $ et 1400 $ par dose.

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