POLITIQUE

Le bloquiste Jean-François Fortin quitte le parti, siégera comme député indépendant à Ottawa

12/08/2014 09:54 EDT | Actualisé 12/10/2014 05:12 EDT
PC

Dur coup pour le Bloc québécois avec la démission, aujourd'hui, du député de Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia, Jean-François Fortin.

En effet, le député Fortin quitte le Bloc québécois pour siéger comme indépendant. Il était député du Bloc depuis 2011.

« Ce n'est pas une décision facile. [...] Je reçois des appels de gens qui m'appuient, de gens qui me félicitent de me tenir debout. »

— Jean-François Fortin, député démissionnaire du Bloc québécois, siégeant désormais comme indépendant

Lors de la dernière course à la direction du Bloc québécois plus tôt cette année, Jean-François Fortin appuyait André Bellavance. C'est finalement Mario Beaulieu qui l'a remporté.

Mais, M. Fortin soutient que la raison de son départ est tout autre : « C'est le détournement de la vocation du Bloc québécois, des principes adoptés par nos membres au congrès du printemps dernier. Donc, une volonté affirmée de Mario Beaulieu d'aller dans une direction qui, je le crois, n'est pas celle que le Bloc québécois aurait dû prendre », a expliqué le député démissionnaire dans une entrevue accordée sur ICI RDI.

Jean-François Fortin explique qu'à son avis. M. Beaulieu a mis à l'avant-scène la question de l'indépendance du Québec. Une orientation que ne désapprouve pas Jean-François Fortin, qui en a plutôt contre le discours tenu par Mario Beaulieu pour promouvoir son idée, un discours « plutôt divisif », selon M. Fortin.

« Il (Mario Beaulieu) avait un travail important à faire, qui était de rallier les 47 % de gens qui n'avaient pas voté pour lui et d'avoir un discours qui se colle à ce que les militants ont toujours prôné. »

— Jean-François Fortin

Jean-François Fortin soutient que la campagne fédérale qui s'annonce « ne sera pas référendaire » et, selon lui, M. Beaulieu se pose comme le chef du mouvement souverainiste. Ce qui n'est pas le rôle du Bloc québécois, défend le député de Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia. De dire M. Fortin : « Il est important de comprendre qu'actuellement les forces souverainistes sont en réorganisation à Québec » et que le rôle traditionnel du Bloc québécois ne doit pas être perverti.

Avec ce départ, le Bloc ne se retrouve plus qu'avec trois députés à la Chambre des communes, c'est-à-dire Claude Patry, député de Jonquière-Alma, André Bellavance, député de Richmond-Arthabaska, et Louis Plamondon, député de Bas-Richelieu-Nicolet-Bécancour.

Dans un communiqué qu'il a publié pour justifier sa décision, Jean-François Fortin affirme : « le Bloc Québécois auquel j'ai cru, auquel nous avons cru, n'existe plus. L'arrivée du nouveau chef, Mario Beaulieu, qui met de l'avant une approche unidimensionnelle, peu rigoureuse et intransigeante, a mis fin à cette crédibilité établie par Gilles Duceppe et poursuivie par Daniel Paillé ».

Selon Jean-François Fortin, Mario Beaulieu radicalise et folklorise la formation politique bloquiste. Le nouveau chef ne cherche pas à rassembler les troupes souverainistes.

M. Fortin s'engage à rester député jusqu'à la fin de son mandat. Il ne dévoile pas ses intentions quant aux prochaines élections fédérales, qui sont prévues pour octobre 2015.

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