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Irak: le premier ministre sortant al-Maliki semble de plus en plus isolé

12/08/2014 08:04 EDT | Actualisé 12/10/2014 05:12 EDT

BAGDAD - Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a déclaré mardi qu'il était «impératif» que les forces de sécurité irakiennes évitent d'intervenir dans le processus politique devant mener à la formation d'un nouveau gouvernement.

Il a prévenu que des tensions politiques accrues et la menace à la sécurité du groupe extrémiste État islamique, qui est soutenu par insurgés sunnites, pourraient plonger le pays encore plus profondément dans la crise.

Ban Ki-moon a exhorté le premier ministre désigné Haïdar al-Abadi à constituer un gouvernement élargi satisfaisant pour toutes les parties de la société irakienne. Le secrétaire général des Nations unies a critiqué les dirigeants en Irak et de plusieurs autres pays pour avoir échoué à promouvoir une société inclusive, pavant ainsi le terrain pour des groupes comme l'État islamique.

Ban Ki-moon a prévenu en conférence de presse que «le poison de la haine et de la brutalité» s'étendait en Irak, et a réitéré que l'État islamique menaçait aussi la Syrie et la sécurité dans la région. Il s'est dit «profondément atterré» par les attaques barbares menées par le groupe extrémiste.

Le premier ministre irakien sortant Nouri al-Maliki semblait plus isolé que jamais mardi, alors qu'il tentait de s'accrocher au pouvoir au moment où les politiciens irakiens et la communauté internationale se ralliaient derrière le premier ministre désigné chiite qui pourrait être plus à même de rassembler le pays face à une insurrection sunnite.

Le secrétaire d'État américain John Kerry a demandé mardi à Haïdar al-Abadi de former rapidement un gouvernement inclusif, tout en indiquant que Washington est prêt à rehausser nettement son aide face aux militants de l'État islamique.

M. al-Abadi a été choisi lundi par le nouveau président Fouad Massoum. Il a maintenant 30 jours pour former un gouvernement et le présenter à l'approbation des parlementaires.

Mais M. al-Maliki, qui est au pouvoir depuis huit ans, rejette cette nomination et affirme qu'elle contrevient à la Constitution.

Malgré le soutien dont il profite encore parmi les hauts gradés militaires, M. al-Maliki a appelé mardi les forces de l'ordre à ne pas interférer dans la crise politique, mais plutôt de se concentrer sur la défense du pays face à l'État islamique.

Lundi, des forces fidèles à M. al-Maliki s'étaient déployées dans les rues de Bagdad, entraînant la fermeture partielle de deux grandes artères, alors que des centaines de ses partisans descendaient dans les rues.

L'Union européenne a enfin annoncé qu'elle ajoutera 7 millions $ US à l'aide qu'elle fournit aux centaines de milliers de civils irakiens coincés par les combats, y compris ceux qui ont trouvé refuge dans les monts Sinjar.

Un hélicoptère militaire irakien fournissant de l'aide aux civils dans les monts Sinjar s'est écrasé mardi, tuant le pilote, a indiqué un porte-parole de l'armée. L'appareil s'est écrasé après qu'un trop grand nombre de civils eurent tenté de monter à bord.

Les raids américains en appui aux forces kurdes se sont aussi poursuivis dans le secteur.

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