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Inde: le gouverneur central dénonce le "capitalisme de connivence"

12/08/2014 06:06 EDT | Actualisé 12/10/2014 05:12 EDT

Le gouverneur de la banque centrale indienne a dénoncé mardi le "capitalisme de connivence" entre les élites politique, économique et financière qui nuisent à la croissance dans les pays émergents.

L'expression désigne la collusion entre le pouvoir politique et des entreprises ou des individus qui, notamment par corruption, exercent une influence ou reçoivent des avantages.

"L'un des plus grands dangers de la croissance dans les pays en développement est (...) le capitalisme de connivence (qui) crée des oligarchies et ralentit la croissance", a déclaré Raghuram Rajan lors d'une conférence lundi soir à Bombay, capitale économique et financière de l'Inde.

Ancien économiste du Fonds monétaire international (FMI), Rajan s'est fait connaître par son franc-parler qui détonne dans le monde peu disert et prudent des gouverneurs centraux.

"En étouffant la transparence et la concurrence, le capitalisme de connivence est nuisible à la libre-entreprise(...) et à la croissance économique", a-t-il poursuivi. Et en substituant les intérêts privés à l'intérêt général, il "entrave l'expression démocratique", selon lui.

Pendant la campagne des législatives, le nouveau parti Aam Aadmi (l'homme du commun) a accusé le grand groupe énergétique Reliance Industries d'avoir tiré les ficelles politiques en coulisses, allégations que l'entreprise a systématiquement récusées.

La Cour suprême indienne s'est de son côté engagée à exhumer tous les contrats sulfureux impliquant des responsables du gouvernement.

Afin d'éviter la séduction des masses par des personnalités politiques maniant à la fois la collusion au plus haut niveau et des discours populistes, l'Inde doit renforcer les services publics, en particulier à destination des centaines de millions de pauvres, a-t-il ajouté.

La croissance en Inde est inférieure à 5% depuis deux ans, nettement sous les taux de 8% à 9% qu'elle enregistrait dans les années 2000 et qui lui sont nécessaires pour absorber l'arrivée de millions d'actifs chaque année sur le marché du travail.

Le nouveau chef du gouvernement indien, le nationaliste hindou Narendra Modi, a promis "des jours meilleurs" tout en prévenant les Indiens qu'ils devraient boire "une potion amère" avant de voir la croissance repartir.

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