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Ebola: la Guinée-Bissau ferme ses frontières avec la Guinée

12/08/2014 01:49 EDT | Actualisé 12/10/2014 05:12 EDT

La Guinée-Bissau a décidé de fermer ses frontières avec la Guinée, l'un des trois pays les plus durement touchés par l'épidémie de virus Ebola, a annoncé mardi son Premier ministre Domingos Simoes Pereira.

"A la lumière des informations fournies par le ministre de la Santé, après une série de concertations, le gouvernement de Guinée-Bissau décide de fermer jusqu'à nouvel ordre ses frontières sud et est avec la Guinée-Conakry", a déclaré M. Pereira lors d'un point de presse.

Les ministères de la Défense et de l'Intérieur ont été chargés de "prendre les mesures qui s'imposent pour une bonne gestion de nos frontières", a-t-il ajouté, sans autre précision.

La frontière de la Guinée-Bissau avec la Guinée est longue de plus de 300 km.

Les autorités ont annoncé une série de mesures d'accompagnement, notamment un numéro vert pour signaler les cas suspects, l'ouverture d'hôpitaux de campagne et l'évacuation urgente des malades présumés vers les centres de santé.

"Je crains qu'avec cette mesure, les gens qui traversent nos frontières ne contournent les points de passage habituels", a déclaré pour sa part Eurique Abdurahmane Djalo, gouverneur de Gabu, une région frontalière de la Guinée, joint au téléphone par l'AFP.

Afin de parer à cette éventualité, un dispositif de contrôle a été installé et des salles d'isolement ont été aménagées aux postes-frontières avec la Guinée. Les radios locales ont été mises à contribution pour sensibiliser la population.

Les cérémonies collectives telles que baptêmes, mariages et funérailles, ont été interdites.

"Nous comptons sur l'appui de partenaires, notamment de l'OMS (Organisation mondiale de la Santé), de l'Unicef et des pays amis comme la Chine pour pallier le manque" de moyens de l'Etat bissau-guinéen, a indiqué le Premier ministre.

Aucun cas de fièvre Ebola n'a encore été enregistré dans le pays.

La Guinée elle-même avait annoncé le 9 août la fermeture de ses frontières terrestres avec les deux autres pays limitrophes touchés, le Liberia et la Sierra Leone, avant de revenir sur cette décision, précisant vouloir éviter une multiplication de déplacements transfrontaliers clandestins.

Le gouvernement guinéen avait dit préférer des "mesures contraignantes visant à mieux contrôler les mouvements transfrontaliers".

L'épidémie d'Ebola, la plus grave depuis l'apparition de cette fièvre hémorragique en 1976, a fait 1.013 morts en Afrique de l'Ouest, dont 373 en Guinée, où elle s'est déclarée en début d'année avant de se propager au Liberia puis à la Sierra Leone, selon le dernier bilan de l'OMS.

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