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Décès d'un prêtre espagnol qui était infecté par le virus d'Ebola

12/08/2014 05:56 EDT | Actualisé 12/10/2014 05:12 EDT
Kallista Images via Getty Images

MADRID - Un prêtre missionnaire espagnol infecté par le virus d'Ebola est décédé mardi dans un hôpital de Madrid, alors qu'il avait reçu un traitement expérimental contre la maladie qui fait toujours l'objet d'un débat éthique. Deux travailleurs américains ayant aussi reçu le traitement expérimental de Mapp Pharmaceuticals semblent prendre du mieux.

Dans la foulée d'une rencontre d'experts médicaux, l'Organisation mondiale de la Santé a estimé qu'il est éthique d'utiliser des médicaments et vaccins expérimentaux pour lutter contre l'épidémie qui déferle actuellement sur l'Afrique de l'Ouest, en autant que les conditions appropriées soient réunies.

L'OMS ne spécifie toutefois pas qui devrait profiter de ces traitements ou comment la décision devrait être prise.

Deux autres doses du traitement expérimental étaient en route vers le Libéria mardi. Deux médecins africains infectés en soignant des victimes de l'épidémie deviendraient les premiers Africains à le recevoir.

La firme pharmaceutique qui produit le médicament expérimental, la californienne Mapp Pharmaceuticals, a prévenu que ses réserves du traitement ont maintenant été «épuisées».

Le Canada a toutefois annoncé mardi qu'il offrirait plusieurs centaines de doses d'un vaccin expérimental conçu à Winnipeg. Bien qu'un nombre précis n'ait pas encore été établi, l'offre se situerait entre 800 à 1000 doses.

Le vaccin, qui n'est pas lié pour l'instant à une grande entreprise pharmaceutique, est désigné par le nom de VSV-EBOV. Le Canada en détient la propriété intellectuelle.

L'OMS affirme que l'épidémie a jusqu'à présent fait 1013 morts en Afrique de l'Ouest, et les autorités recensent 1848 infections confirmées ou soupçonnées.

L'épidémie a fait surface en Guinée en mars, avant de se propager à la Sierra Leone, au Libéria et au Nigeria.

L'OMS a statué qu'il est éthique d'utiliser des médicaments et vaccins expérimentaux pour lutter contre l'épidémie, même si rien ne prouve leur efficacité ou leur innocuité. Le taux de mortalité de l'épidémie actuelle s'établit à environ 50 pour cent, ce qui intensifie la nécessité de trouver un traitement.

«On dirait que les méthodes habituelles que nous utilisons (...) ne fonctionnent pas bien, a déclaré mardi une directrice générale adjointe de l'OMS, la docteure Marie-Paule Kieny. Nous n'avons pas suffisamment de personnel pour nous fier uniquement aux méthodes traditionnelles si nous voulons mettre fin à cette épidémie dès que possible.»

L'OMS a dit que le recours à des médicaments expérimentaux est acceptable si les patients fournissent un consentement éclairé, qu'ils ont la liberté de choix et que leur vie privée est protégée.

Le comité a prévenu qu'une «analyse plus détaillée et une discussion» sont nécessaires pour décider de la juste répartition au sein des communautés et parmi les pays, en raison des stocks extrêmement limités de ces traitements expérimentaux.

L'OMS a ajouté que la planète a une «obligation morale» de mesurer l'efficacité du traitement dans le cadre d'une étude clinique professionnelle.

Mme Kieny a estimé qu'il est difficile de juger de la manière dont les doses expérimentales ont été distribuées jusqu'à présent.

«Je ne pense pas qu'on puisse avoir une distribution équitable de quelque chose disponible en d'aussi faibles quantités», a-t-elle dit.

Elle a révélé que certaines compagnies accélèrent les essais cliniques de leurs vaccins contre l'Ebola et que des données préliminaires pourraient être disponibles d'ici la fin de l'année.

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