NOUVELLES

Ukraine: l'armée ukrainienne coupe les routes entre les bastions rebelles

11/08/2014 06:46 EDT | Actualisé 11/10/2014 05:12 EDT

L'armée ukrainienne a resserré lundi son étau autour des bastions rebelles de Donetsk et Lougansk en coupant les routes entre les deux villes, tandis qu'une centaine de détenus se sont échappés d'une prison à régime sévère touchée par un bombardement.

Des tirs d'artillerie ont détruit une partie des bâtiments de la prison située dans le faubourg Kirovski de Donetsk (ouest), faisant un mort et plusieurs blessés, a indiqué la mairie de Donetsk. Une centaine de détenus se sont échappés et 40 restent toujours introuvables.

Une journaliste de l'AFP a constaté lundi que la porte centrale de la prison était ouverte et que des combattants rebelles se trouvaient également sur les lieux pour aider à la recherche des fuyards.

Un porte-parole des rebelles a indiqué que les insurgés étaient venus sécuriser la zone pour empêcher les fuyards de mettre la main sur des armes.

"Une partie" d'entre eux sont revenus à la prison dans la matinée de lundi, mais 40 restent introuvables, selon les responsables de l'établissement, qui pensent qu'ils se cachent dans des bâtiments situés à proximité.

A Donetsk, principal bastion des insurgés prorusses victime de violents combats et de tirs d'artillerie depuis plusieurs jours, des bombardements ont été entendus dans la nuit par une journaliste de l'AFP, et des blindés rebelles ont été aperçus traversant le centre-ville.

Un bombardement avait déjà soufflé dimanche les vitres d'une maternité dans le centre-ville de Donetsk, sans faire de victimes, les mères et les nouveaux-nés s'étant réfugiés dans une cave.

Des obus ont endommagé un ancien centre de recrutement de l'armée, des bureaux et un immeuble d'habitation dans le sud de Donetsk.

"Il n'y a jamais eu aucun rebelle ici. Je ne comprend pas pourquoi ils bombardent cette zone", a affirmé Nikolaï, un habitant du quartier.

L'armée ukrainienne a pour sa part "bloqué la connexion entre les régions de Donetsk et Lougansk", les deux capitales régionales et places fortes des séparatistes, a affirmé Oleksiï Dmytrachkivsky, le porte-parole de l'opération militaire menée par Kiev.

Dimanche, "à 14H00 (11H00 GMT), le drapeau national a été levé dans la ville de Panteleïmonivka", située à 34 km au nord-est de Donetsk sur la route vers Lougansk, a-t-il ajouté.

Les pertes de l'armée ukrainienne se montent désormais à 568 tués et 2.120 blessés depuis le début de l'opération dans l'est il y a quatre mois, dont 6 morts et 24 blessés dans les 24 heures, a annoncé le porte-parole militaire Andriï Lyssenko.

- Moscou demande une "trêve" -

L'armée ukrainienne a annoncé dimanche avoir "resserré au maximum l'étau" autour de Donetsk, théâtre depuis plusieurs jours d'intenses combats et de tirs d'artillerie ayant tué plusieurs civils.

Le "Premier ministre" séparatiste Alexandre Zakhartchenko a reconnu samedi que Donetsk était "encerclée" et au bord d'une "catastrophe humanitaire", se disant prêt à un cessez-le-feu si l'armée ukrainienne stoppait son offensive.

Face à cette situation qui se dégrade pour les civils dont 300.000 ont déjà fui vers la Russie et les autres régions de l'Ukraine, Moscou a insisté dimanche sur un cessez-le-feu, "indispensable" pour apporter une aide humanitaire aux populations victimes des combats.

"Nous estimons que cette question est urgente, qu'elle ne supporte pas de retard", a indiqué le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, assurant que Moscou négociait avec Kiev, la Croix Rouge et l'ONU dans ce but.

L'idée d'une mission humanitaire russe est toutefois fermement rejetée par les Occidentaux qui accusent Moscou d'alimenter la rébellion en Ukraine en lui fournissant des armes et craignent une intervention déguisée sous prétexte d'une mission d'assistance aux civils.

Le président Barack Obama, le Premier ministre britannique David Cameron et la chancelière allemande Angela Merkel ont estimé que toute incursion russe en Ukraine serait "injustifiée, illégale et inacceptable".

Le président ukrainien Petro Porochenko, après des discussions avec des dirigeants du CICR, s'est dit prêt à accepter une mission humanitaire à Lougansk, une autre capitale régionale, à condition qu'elle soit internationale, non armée et passe par des postes-frontières contrôlés par Kiev.

Les autorités de Lougansk, inaccessible à la presse, dénoncent un "blocus" et une situation "critique" depuis neuf jours, alors que la ville n'a plus d'électricité, d'eau courante ou de réseau téléphonique, et que l'essence et les réserves de nourriture s'épuisent rapidement. Les salaires, les pensions et les aides sociales ne sont plus versées depuis près d'un mois.

am-pop/neo/ia

PLUS:hp