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Turquie: Erdogan élu président, comment se déroulera sa succession au gouvernement?

11/08/2014 10:31 EDT | Actualisé 11/10/2014 05:12 EDT

Victorieux dimanche de l'élection présidentielle, le Premier ministre islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan doit désormais, dans les quinze jours, céder à un de ses fidèles sa place à la tête du gouvernement qu'il dirigeait depuis onze ans.

Comme c'est la première fois qu'un chef de l'Etat est élu au suffrage universel direct en Turquie pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois, certaines incertitudes planent sur la procédure à suivre.

La prestation de serment de M. Erdogan interviendra juste après la passation de pouvoirs entre l'homme fort de Turquie et son prédécesseur à la présidence, Abdullah Gül, le 28 août.

D'ici là, le Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir, devra se choisir dans un délai maximum de 45 jours, aux termes de ses statuts, un nouveau chef chargé de le mener aux élections législatives prévues en juin 2015.

Ainsi les instances dirigeantes de l'AKP, qui se sont réunies lundi, ont décidé de convoquer un congrès extraordinaire le 27 août pour désigner un nouveau président et Premier ministre, a annoncé le porte-parole du parti, Hüseyin Celik.

Les prochaines élections parlementaires seront cruciales pour le nouveau président, qui souhaite continuer à diriger le pays en renforçant les prérogatives de sa fonction.

Réformer la Constitution pour faire basculer le pays de son système parlementaire actuel, où le Premier ministre dirige l'exécutif, vers un régime présidentiel nécessite une majorité des deux tiers au Parlement, soit 367 députés sur 550.

L'AKP ne dispose actuellement que de 313 sièges à l'Assemblée nationale et ses efforts passés pour modifier la loi fondamentale, notamment l'an dernier, ont jusqu'à présent tous échoué faute d'accord avec un autre parti.

Plusieurs noms sont évoqués pour succéder à M. Erdogan, parmi lesquels ceux de son très loyal ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, des vice-Premiers ministres Ali Babacan et Bülent Arinç et de l'ancien ministre des Transports Binali Yildirim.

Le président sortant Abdullah Gül, un des fondateurs de l'AKP, a publiquement écarté la possibilité de reprendre le poste de Premier ministre, qu'il avait occupé quelques mois de 2002 à 2003 avant que ne soit levée la peine d'inéligibilité qui frappait M. Erdogan. Mais il pourrait toutefois revenir dans le jeu, a-t-on précisé dans son entourage.

Ainsi il a annoncé lundi qu'il est bien dans l'équation et qu'il est "naturel" pour lui de revenir au parti gouvernemental, dont il est l'un des fondateurs.

"Je suis le président jusqu'au 28 août, après cette date, il est naturel pour moi de retourner à mon parti à la fin de mon mandat", a dit M. Gül à des journalistes qu'il a reçus au palais présidentiel de Cankaya.

M. Erdogan a écarté toute démission de ses fonctions de chef de l'AKP et du gouvernement d'ici à son investiture mais, techniquement, il sera déchu de son mandat de député et donc de celui de chef du gouvernement dès lors que le Haut conseil électoral (YSK) aura publié les résultats officiels du scrutin de dimanche, vraisemblablement d'ici à quelques jours.

Après sa passion de pouvoirs avec M. Gül le 28 août, le président Erdogan nommera donc lui même son successeur au poste de Premier ministre, qui lui présentera dans la foulée la liste de son gouvernement.

BA/plh

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