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Turquie: Erdogan élu président, comment se déroulera sa succession ?

11/08/2014 06:50 EDT | Actualisé 11/10/2014 05:12 EDT

Victorieux dimanche de l'élection présidentielle, le Premier ministre islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan doit désormais, dans les quinze jours, céder sa place à la tête du gouvernement qu'il dirigeait depuis onze ans à un de ses fidèles.

Comme c'est la première fois qu'un chef de l'Etat est élu au suffrage universel direct en Turquie pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois, plusieurs incertitudes planent sur la procédure à suivre.

La prestation de serment de M. Erdogan interviendra juste après la passation de pouvoirs entre l'homme fort de Turquie et son prédécesseur, Abdullah Gül, le 28 août.

D'ici là, le Parti gouvernemental de la justice et du développement (AKP) devra se choisir dans un délai maximum de 45 jours, aux termes de ses statuts, un nouveau chef chargé de le mener aux élections législatives prévues en juin 2015.

Ces élections seront cruciales pour le nouveau président, qui souhaite continuer à diriger le pays en renforçant les prérogatives de sa fonction.

Réformer la Constitution pour faire basculer le pays de son système parlementaire actuel, où le Premier ministre dirige l'exécutif, à un régime présidentiel nécessite une majorité des deux tiers au Parlement, soit 367 députés sur 550.

L'AKP ne dispose actuellement que de 313 sièges à l'Assemblée nationale et ses efforts passés pour modifier la loi fondamentale, notamment l'an dernier, ont jusqu'à présent tous échoué faute d'accord avec un autre parti.

Le parti dirigé par M. Erdogan tient lundi une première réunion de ses instances dirigeantes pour se désigner un chef temporaire et convoquer un congrès extraordinaire de ses militants pour élire le successeur du nouveau président.

Le quotidien progouvernemental Sabah a rapporté lundi que ce congrès devrait avoir lieu avant l'investiture du 28 août.

Plusieurs noms sont évoqués pour succéder à M. Erdogan, parmi lesquels ceux de son très loyal ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, des vice-Premiers ministres Ali Babacan et Bülent Arinç et de l'ancien ministre des Transports, Binali Yildirim.

Le président sortant Abdullah Gül, un des fondateurs de l'AKP, a publiquement écarté la possibilité de reprendre le poste de Premier ministre, qu'il avait occupé quelques mois de 2002 à 2003 avant que ne soit levée la peine d'inéligibilité qui frappait M. Erdogan. Mais il pourrait toutefois revenir dans le jeu, a-t-on précisé dans son entourage.

M. Erdogan a écarté toute démission de ses fonctions de chef de l'AKP et du gouvernement d'ici à son investiture mais, techniquement, il sera déchu de son mandat de député et donc de celui de chef du gouvernement dès lors que le Haut conseil électoral (YSK) aura publié le résultats officiels du scrutin de dimanche, vraisemblablement d'ici à quelques jours.

Après sa passion de pouvoirs avec M. Gül le 28 août, le président Erdogan nommera donc lui même son successeur au poste de Premier ministre, qui lui présentera dans la foulée la liste de son gouvernement.

BA/pa/jh

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