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Tuerie de Marikana: des manifestants perturbent l'audition du vice-président sud-africain

11/08/2014 02:53 EDT | Actualisé 11/10/2014 05:12 EDT

Des manifestants ont perturbé lundi l'audition du vice-président sud-africain, entendu dans le cadre de l'enquête sur la fusillade policière de Marikana qui a fait 34 morts parmi des mineurs en grève en août 2012.

"Du sang sur les mains !", "Ramaphosa doit démissionner!" ont crié des manifestants durant l'audition du vice-président Cyril Ramaphosa, entendu en tant qu'ancien membre du conseil d'administration du groupe minier britannique Lonmin.

Le chahut a conduit le juge Ian Farlam, responsable de la commission d'enquête, à interrompre brièvement l'audience.

"C'est une grave faute de comportement qui ne peut être tolérée dans une société civilisée", a déclaré M. Farlam, menaçant les protestataires de les expulser de la salle.

M. Ramaphosa a été mis en cause pour avoir demandé, la veille de la fusillade, le recours à la force publique pour rétablir l'ordre sur le site minier de Marikana, alors en grève.

Dans un courriel, un haut responsable de Lonmin l'avait pressé d'user de son "influence" auprès des autorités.

"Je n'ai cherché à aucun moment à imposer un type d'action à entreprendre, excepté ce que je pensais être (du) devoir" des autorités, a expliqué M. Ramaphosa, disant avoir voulu empêcher que "la situation ne dégénère dans des violences et des pertes de vies supplémentaires".

Le vice-président actuel a admis avoir contacté à l'époque les ministères des Mines et de la Défense pour les exhorter à réagir, mais a nié tout appel à une répression violente.

Les jours précédant le drame, des violences avaient fait dix morts, notamment deux vigiles employés par Lonmin et deux policiers tués à la machette.

Le 16 août 2012, 34 mineurs avaient été abattus par la police à Marikana, et plus de 70 blessés.

La commission d'enquête sur Marikana n'a débouché à ce jour sur aucune sanction, alors que cette tuerie est la fusillade policière la plus grave jamais survenue depuis la fin du régime raciste d'apartheid il y a 20 ans.

M. Ramaphosa, membre du conseil d'administration de Lonmin jusqu'en janvier 2013, est devenu vice-président du pays après les élections de mai dernier.

Il est pressenti pour succéder au président Jacob Zuma.

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