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Syrie: une famille décimée dans un raid à Alep (ONG, AFP)

11/08/2014 12:01 EDT | Actualisé 11/10/2014 05:12 EDT

Au moins dix civils, dont une famille entière, ont péri lundi dans des raids aériens du régime syrien sur un quartier rebelle d'Alep (nord), où un correspondant de l'AFP a été témoin de scènes de dévastation.

Depuis fin 2013, l'armée de l'air du président Bachar al-Assad largue quotidiennement des barils d'explosifs sur les secteurs rebelles de l'est de l'ancienne capitale économique de la Syrie, malgré une résolution de l'ONU, en février, condamnant cette pratique.

"Dix civils, dont un homme, sa femme et leurs deux enfants, ainsi que trois autres enfants et une femme ont péri lorsque cinq barils d'explosifs sont tombés sur le quartier de Bab al-Naïrab", a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Bab al-Naïrab est situé dans le Vieux Alep, divisé comme la ville entre le régime et les rebelles depuis l'été 2012.

Le correspondant de l'AFP a vu des scènes terribles de destructions, avec des trous béants dans les façades des immeubles, des appartements et des escaliers jonchés de débris et de la poussière blanche recouvrant du linge tendu et des Corans.

Des volontaires s'activaient à la recherche d'éventuels survivants sous les décombres, à l'aide de pioches ou de câble de remorque.

Le correspondant de l'AFP a vu les corps d'un adolescent et d'un homme dégagés des décombres, sous les cris des secouristes. "On essaye de trouver des survivants car on entend des voix de partout mais on n'arrive pas à savoir d'où elles viennent vu les destructions", a affirmé un secouriste à l'AFP.

Près des immeubles dévastés, des hommes sous le choc contemplaient les destructions, la douleur se lisant sur le visage de certains, tandis que d'autres semblaient hébétés.

"Si lui se sent fort avec ses barils, nous tirons notre force de Dieu tout-puissant", s'est écriée une femme vêtue de noir, avant de lancer des injures contre le président Assad.

Les morts à Alep, deuxième ville du pays, sont innombrables. Samedi dernier, au moins 16 civils ont été tués dans les secteurs rebelles mais aussi du régime, sur lesquels les insurgés tirent des roquettes.

Des habitants avaient alors affirmé à l'AFP avoir retiré des "enfants déchiquetés".

L'utilisation de barils d'explosifs se poursuit malgré une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU le 22 février appelant à ce que ce type d'armes ne soit plus utilisé sans discernement dans les zones civiles.

Les barils d'explosifs sont des bombes non guidées larguées par hélicoptères, principale arme du régime contre les rebelles dans la guerre qui les oppose depuis trois ans.

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