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Robin Williams s'éteint à l'âge de 63 ans

11/08/2014 07:13 EDT | Actualisé 11/10/2014 05:12 EDT

SAN RAFAEL, États-Unis - Le comédien américain Robin Williams, au style outrageant et intense, s'est éteint à l'âge de 63 ans, lundi.

Le bureau du shérif de Marin County, en Californie, a indiqué que l'acteur a été déclaré mort chez lui au cours de la matinée. Selon les premiers éléments de l'enquête, Robin Williams se serait suicidé par asphyxie.

La conjointe de l'acteur, Susan Schneider, et la porte-parole de Robin Williams, Mara Buxbaum, ont toutes les deux confirmé la nouvelle du décès.

«Ce matin, j'ai perdu mon mari et mon meilleur ami tandis que le monde a perdu un de ses artistes bien-aimés et un merveilleux être humain. J'ai le coeur brisé, a écrit Mme Schneider. Au nom de la famille de Robin, je demande qu'on respecte notre intimité pendant notre deuil. Nous espérons qu'on se souviendra plus des rires et des moments de joie qu'il a donnés à des millions de gens plutôt que des circonstances de sa mort.»

Mme Buxbaum a reconnu que Robin Williams souffrait récemment d'une grave dépression.

Intensité n'était pas un vain mot pour ce grand comédien.

Du rôle de l'extraterrestre dans la série «Mork and Mindy», qui l'avait révélé au petit écran à la fin des années 1970 jusqu'aux personnages mémorables au cinéma comme l'animateur radiophonique complètement survolté dans «Good Morning Vietnam», en passant par ses numéros sur scène, Robin Williams a imposé son rythme infernal et son style de comédie. Il a parodié un grand nombre d'artistes, de John Wayne à Keith Richards, créé des personnages farfelus comme son immigrant russe ou imitant une meute de chiens d'attaque nazis.

Il a déclenché les rires en se travestissant dans «Mme Doubtfire», il a magnifiquement doublé le génie dans le dessin animé «Aladdin». Il a toutefois remporté son Oscar en interprétant, de façon tout aussi intense, un rôle dramatique, celui du psychothérapeute dans «Good Will Hunting».

Il demeurait tout aussi intense en entrevue. En 1989, au cours d'un entretien avec l'Associated Press, il pouvait à peine rester assis. Il n'a pratiquement pas parlé du film dont il devait assurer la promotion, préférant discuter des liens entre la comédie et l'univers.

«Une ère glaciaire s'approche, avait-il dit. La bonne nouvelle est qu'on pourra boire des daiquiris partout et que tout le monde pourra aller voir les Ice Capade. Les homards vivront jusqu'à 100 ans. Les repas Swanson pourront être conservés pendant tout un millénaire. La mauvaise nouvelle est que votre domicile sera en Arkansas.»

Selon le comédien Billy Crystal, succéder à Williams sur une scène, c'était comme essayer de surpasser la Guerre civile.

En 1992, le réputé animateur Johnny Carson avait choisi Bette Midler et Robin Williams à titre d'invités lors de sa dernière émission.

Comme plusieurs comédiens, Robin Williams voulait aussi qu'on le prenne au sérieux. Ses performances dans des films plus dramatiques comme «L'Éveil», «Le Cercle des poètes disparus» ou encore «Au-delà de nos rêves» ont prouvé qu'il pouvait autant faire pleurer les cinéphiles que les faire rigoler.

Il a aussi remporté trois Golden Globes pour «Good Morning Vietnam», «Mme Doubtfire» et «Le Roi pêcheur». En 2003, il avait remporté un Grammy dans la catégorie «album de comédie».

Il avait tourné avec de grands réalisateurs comme Robert Altman («Popeye»), Steven Spielberg («Hook»), Francis Ford Coppola («Jacks») et Woody Allen («Harry dans tous ses états»).

Robin Williams avait aussi joué «En attendant Godot» avec Steve Martin sur Broadway en 1988. «Je n'aime pas le mot 'art', avait-il dit. Avant d'entrer en scène (avec Steve Martin), nous nous disions: 'on ne fait pas d'art; l'art est mort ce soir. Nous voulons donner une nouvelle vie (à la pièce), au lieu de la jouer sérieusement. C'était un vaudeville cosmique mis en scène par le marquis de Sade.»

Sa vie personnelle n'a pas toujours été une comédie. Il a reconnu avoir été toxicomane et alcoolique au cours des années 1970 et 1980. L'acteur avait annoncé qu'il avait recommencé à boire mais cela ne l'empêchait pas d'en rire. «Je suis allé me faire traiter là où il y a du vin. Je veux garder toutes mes options», lançait-il pendant sa dernière tournée de spectacles.

Né à Chicago en 1951, Robin Williams racontait qu'il était un garçon timide qui pouvait faire rire sa mère en imitant sa grand-mère. Il est devenu plus ouvert à l'école secondaire quand il s'est inscrit dans une troupe de théâtre. Il a été accepté à l'académie Julliard où il a suivi plusieurs cours avec un seul autre élève, Christopher Reeve. Leur professeur était John Houseman qui l'a encouragé à devenir comédien.

Pour Robin Williams, la vie ressemblait à ses séances quotidiennes de course sur le pont Golden Gate. Il regardait parfois dans le vide, une partie de lui-même reculait de peur, l'autre insistant pour voler. «On a une tendance à se critiquer soi-même, à se dire qu'on peut faire plus. C'est peut-être ce qui nous fait avancer, disait-il. C'est peut-être un démon, d'autres disent que c'est une muse. Non, ce n'est pas une muse! C'est un démon! FAIS-LE, BÂTARD! Ha!HaHa! CE PETIT DÉMON!»

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