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RDC: le chef de la commission électorale entendu par la justice (sources judiciaires)

11/08/2014 10:46 EDT | Actualisé 11/10/2014 05:12 EDT

L'abbé Apollinaire Malu Malu, président de la commission électorale de République démocratique du Congo (RDC), était entendu par la justice lundi après-midi à Kinshasa, a-t-on appris de sources judiciaires.

"Je l'ai vu. Il est en train de faire une déposition, d'être entendu par un inspecteur judiciaire du parquet général de la République", a déclaré à l'AFP une source au parquet, sans pouvoir donner les raisons de cette audition.

L'avocat Georges Kapiamba, président de l'Association pour l'accès à la justice (Acaj), a confirmé l'audition du président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

"Il est effectivement en train d'être entendu. Il a reçu une invitation pour aller répondre suite à une plainte que des partis de l'opposition avaient déposée contre lui", a affirmé à l'AFP Me Kapiamba, citant des sources au parquet.

Cette plainte, datée du 25 juin dernier, accusait l'abbé Malu Malu de "délit d'initiés" pour violation de la loi électorale qui exige que les agents responsables de la Céni soient engagés après appel d'offre.

Pour l'avocat, l'audition de l'abbé Malu Malu est une ruse pour "démontrer à l'opinion que les gens ne sont pas au-dessus de la loi, que même ceux supposés proches de la majorité peuvent être arrêtés". Selon lui, il s'agit d'"atténuer le choc provoqué par l'arrestation de Jean-Bertrand Ewanga".

Le 4 août à Kinshasa, le député Ewanga a été l'un des principaux orateurs d'un rassemblement de l'opposition organisé pour dénoncer toute révision de la Constitution qui permettrait au président Joseph Kabila de briguer un troisième mandat en 2016.

Le lendemain, cet élu de l'Union pour la nation congolaise (UNC), troisième parti d'opposition, a été arrêté pour "offense au chef de l'Etat" et "discrimination raciale ou tribale". Il est actuellement en résidence surveillée dans un hôtel.

Joseph Kabila, arrivé au pouvoir en 2001, a été élu en 2006 au terme des premières élections libres du pays et a été réélu en 2011 dans des circonstances contestées. Selon la Constitution, il ne peut pas se représenter en 2016 mais l'opposition soupçonne son camp de manoeuvrer pour changer la donne.

hab/tmo

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