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La Cour d'appel permet l'extradition aux États-Unis d'un présumé terroriste

11/08/2014 01:48 EDT | Actualisé 11/10/2014 05:12 EDT

EDMONTON - La Cour d'appel de l'Alberta a statué qu'un homme d'Edmonton pouvait être extradé aux États-Unis afin d'y faire face à des accusations de terrorisme et de meurtres.

Sayfildin Tahir Sharif est accusé de meurtres et d'avoir soutenu un groupe terroriste qui a organisé des attentats terroristes en Irak, son pays d'origine.

Les États-Unis soutiennent que Sharif a travaillé à partir d'Edmonton afin d'aider un Tunisien à entrer en Irak en 2009 pour faire exploser un camion rempli d'explosifs à un point de contrôle militaire, tuant cinq soldats américains.

Les procureurs disent détenir des preuves émanant de conversations téléphoniques et par Internet qui ont été interceptées et qui prouveraient que Sharif était impliqué dans le soutien de terroristes tunisiens. Il aurait notamment facilité leurs contacts avec d'autres sympathisants alors qu'ils se déplaçaient du Proche-Orient jusqu'en Irak.

Le réseau terroriste est aussi accusé d'avoir fait exploser un poste de police irakien, tuant sept policiers.

Sharif, qui porte aussi le nom de Faruq Khalil Muhammad Isa, est détenu à Edmonton depuis son arrestation en janvier 2011.

Le ministère canadien de la Justice a accepté l'été dernier de l'extrader aux États-Unis, après avoir obtenu la confirmation que Sharif n'y serait pas passible de la peine de mort.

Les avocats de la défense ont aussi reçu une lettre des autorités américaines promettant que l'homme ne serait pas détenu indéfiniment avant son procès.

Sharif avait fait appel de la décision du ministère de la Justice et de celle rendue initialement par un juge en 2012, qui statuaient qu'il y avait suffisamment de preuves pour permettre son extradition en vertu des deux chefs d'accusation retenus contre lui.

Sharif est un Kurde né en Irak, mais qui s'est réfugié à Toronto en 1993. Il a obtenu sa citoyenneté canadienne quatre ans plus tard. En 2011, il a été arrêté dans son appartement d'Edmonton où il vivait avec sa compagne et l'enfant de celle-ci.

Ses avocats ont plaidé devant la Cour d'appel de l'Alberta que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) n'avait pas permis à Sharif de faire appel à un avocat ou à un interprète le jour de son arrestation. La transcription des interrogatoires menés par la police démontre qu'il ne comprenait pas totalement ce qui se déroulait.

Ils ont aussi plaidé que les accusations auxquelles faisait face leur client émanaient de trois personnes, dont son frère, qui ont été torturées par les enquêteurs en Irak.

La Cour d'appel de l'Alberta a finalement jugé qu'aucun de ces arguments ne justifiait de garder Sharif au Canada.

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