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Kasparov échoue à s'emparer des rênes de la Fide

11/08/2014 11:43 EDT | Actualisé 11/10/2014 05:12 EDT

La légende Garry Kasparov a échoué lundi dans sa tentative de détrôner l'excentrique Kirsan Ilioumjinov de la présidence de la Fédération internationale des échecs (Fide), lors d'un vote chaotique et hautement politisé avec Vladimir Poutine en toile de fond.

Généralement considéré comme l'un des meilleurs joueurs de tous les temps, l'ex-champion du monde, âgé de 51 ans, n'a recueilli les voix que de 61 des 175 délégations appelées à voter en marge de l'Olympiade d'échecs à Tromsoe, dans le nord de la Norvège.

Indéracinable depuis 1995, M. Ilioumjinov, un Russe de 52 ans qui dit avoir été un jour enlevé par des extra-terrestres, a recueilli 110 suffrages, ce qui lui permet de rempiler pour quatre ans supplémentaires.

Quatre bulletins ont été déclarés invalides.

"Je vais oeuvrer pour les échecs et je veux consacrer toute ma vie à la Fide", a déclaré le président réélu dans une première réaction.

L'ex-champion du monde a, quant à lui, été observé avec des yeux larmoyants après l'annonce du résultat.

La défaite est encore plus large qu'attendu. En 2010, une autre vedette des échecs, le Russe Anatoli Karpov, alors soutenu par son ancien rival Kasparov, s'était incliné par 95 votes contre 55 face au même Ilioumjinov.

"Une défaite écrasante", a commenté le Britannique Nigel Short, soutien de Kasparov. Sur la chaîne de télévision VGTV, il a qualifié la gouvernance de la Fide de "régime despotique" s'appuyant sur la corruption.

Juste avant le scrutin, M. Kasparov avait promis l'injection dans la discipline traditionnellement relativement désargentée des échecs de 10 millions de dollars par un sponsor et soutien.

Populaire parmi les "petites" fédérations nationales dont la voix porte autant que celle des grosses fédérations occidentales, M. Ilioumjinov avait immédiatement renchéri en s'engageant à pomper plus du double, soit quelque 20,5 millions de dollars.

Lors d'un point de presse, ce richissime bouddhiste a peiné à préciser la provenance de ces fonds, semblant y inclure des budgets déjà existants.

Conduite sur un ton acrimonieux, la campagne précédant l'élection a été marquée par des accusations de corruption, de pressions et d'irrégularités de part et d'autre.

Opposant notoire du président Poutine, M. Kasparov a aussi essayé de donner à la campagne une tournure politique en insistant sur le fait que M. Ilioumjinov, ex-président de la république russe de Kalmoukie, passe pour être l'homme du Kremlin.

"Quand j'entends Ilioumjinov parler de démocratie, ça me rappelle Vladimir Poutine qui parle de paix", a déclaré lundi juste avant le vote à la chaîne TV2 Nyhetskanalen.

Si le président Poutine n'a pas donné son appui officiel, la Russie a multiplié les gestes témoignant de son soutien à M. Ilioumjinov, qui vit à Moscou.

M. Kasparov a quant à lui obtenu la nationalité croate et est établi à New York, d'où il accuse notamment les autorités russes de dériver vers "le fascisme" et de s'ingérer dans la crise en Ukraine.

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