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Israël et Hamas respectent strictement la trêve à Gaza

11/08/2014 06:08 EDT | Actualisé 11/10/2014 05:12 EDT

Israël et le Hamas respectaient scrupuleusement lundi le cessez-le-feu de 72 heures convenu dans la bande de Gaza, dans l'attente de nouvelles discussions au Caire pour tenter de mettre un terme durable à une guerre qui a fait plus de 2.000 morts.

Aucun tir de roquette n'a été rapporté de la bande de Gaza depuis minuit (21H00 GMT dimanche) et l'entrée en vigueur de la trêve conclue dimanche au Caire entre Israéliens et Palestiniens par l'entremise des Egyptiens, a indiqué l'armée israélienne.

Pour sa part, l'armée israélienne n'a procédé à aucune frappe. Une fillette d'un mois et demi touchée par un bombardement antérieur au cessez-le-feu a succombé à ses blessures. C'était lundi la seule victime rapportée au 35ème jour d'une guerre au cours de laquelle les morts se sont comptés par dizaines quotidiennement.

Dans la ville de Gaza elle-même, les habitants épuisés espéraient non seulement que le cessez-le-feu durerait, mais qu'il serait l'occasion d'en finir enfin avec le cycle incessant des guerres.

Sur le marché aux légumes du camp de Shati, Bassma Abou Obeid s'attendait à ce que les gens viennent plus nombreux dans l'après-midi "parce qu'ils sont encore en train de dormir en ce moment" après avoir été tenus éveillés par le bruit persistant des bombardements jusqu'à l'entrée en vigueur de la trêve.

- Le sort des Gazaouis se joue au Caire -

A l'extérieur d'une école de l'ONU transformée en refuge, Hikmat Atta, 58 ans, a entassé toute sa famille dans une charrette pour aller voir si sa maison a survécu aux intenses bombardements de Beit Lahiya. Mais "nous n'y allons que pour la journée", de crainte d'un nouvel embrasement et parce que, là-bas, "il n'y a ni eau ni électricité".

Après s'être entendus à distance par l'intermédiaire des Egyptiens sur un cessez-le-feu, Palestiniens et Israéliens devaient engager lundi des discussions, toujours indirectes, pour essayer de conclure "un cessez-le-feu global et permanent", selon les mots des intercesseurs égyptiens.

Les délégués israéliens sont arrivés au Caire lundi. Ils en avaient été rappelés vendredi à l'expiration d'un précédent cessez-le-feu de 72 heures qu'Israël accusait le Hamas d'avoir rompu.

On ignore sur quoi précisément repose l'acceptation du cessez-le-feu par les deux parties, comme les lignes rouges que se tracent Israël et le Hamas dans les discussions à venir.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a martelé que le rétablissement de la sécurité d'Israël primait toute autre considération.

- Le blocus, enjeu primordial -

Fort du soutien ultra-majoritaire de son opinion à la guerre et avec les pressions des faucons de son gouvernement qui réclament d'en finir militairement avec le Hamas, il a fait assaut d'intransigeance. Mais il s'est dit prêt à voir l'Autorité palestinienne jouer un "rôle" à l'avenir à Gaza.

L'Autorité palestinienne, présidée par Mahmoud Abbas, leader du Fatah, est l'entité gouvernementale censée administrer la Cisjordanie et la bande de Gaza. Mais elle a été évincée en 2007 par le Hamas à Gaza à la suite d'une guerre de factions sanglante.

M. Netanyahu accepte globalement de traiter avec l'Autorité palestinienne mais pas avec les "terroristes" du Hamas dont la charte réclame la destruction d'Israël. La difficulté pour lui consiste dans la réconciliation récente entre les rivaux palestiniens de 2007.

Le Hamas, lui, est soumis à la pression de convertir la résistance opposée à l'armée israélienne pendant la guerre en gains politiques au bénéfice de Gazaouis accablés par les morts et les destructions.

Le Hamas et les Palestiniens exigent la levée du blocus terrestre et maritime qu'Israël impose depuis 2006 et qui asphyxie le territoire exigu sur lequel s'entassent 1,8 million de personnes coincées entre Israël, l'Egypte et la Méditerranée.

Dans un entretien exclusif accordé à l'AFP, le chef du Hamas, Khaled Mechaal, a répété dimanche que toute trêve durable devait déboucher sur une levée de ce blocus.

L'Autorité palestinienne semblait appelée à revenir dans le jeu à Gaza. "Le gouvernement d'unité nationale (formé après la réconciliation palestinienne de 2014) et l'Autorité palestinienne assumeront l'exécution de tout ce dont il aura été convenu au cours des discussions sur la trêve", a dit Azzam al-Ahmed, chef de la délégation palestinienne au Caire.

Et le Hamas soutient la formation par Mahmoud Abbas d'un "organisme national qui prendra en charge la reconstruction", a dit Ezzat al-Rishq, haut responsable du Hamas.

- Sans levée du blocus, risque d'une nouvelle guerre -

Pour le Hamas, les discussions sont compliquées par le rôle dévolu à l'Egypte.

Les Palestiniens réclament la réouverture du point de passage de Rafah vers l'Egypte, le seul qu'Israël ne contrôle pas et que l'Egypte maintient fermé presque en permanence depuis la destitution il y a un an du président Mohamed Morsi, membre des Frères musulmans dont est issu le Hamas.

Les relations de l'Egypte avec le Hamas se sont fortement dégradées depuis.

Sans levée du blocus, "je crains que les conditions seront alors en place pour un nouveau round de violences", a dit à l'AFP le coordinateur des opérations humanitaires de l'ONU dans la bande de Gaza, James Rawley.

Le ministre israélien chargé des services de renseignements Youval Steinitz a incité à être "très prudent" sur la solidité de la trêve.

"Nous devons désormais traduire notre victoire militaire en une victoire politique, ce qui veut dire en premier lieu que le Hamas ne doit pas remporter de succès politique et être récompensé pour les violences", a dit ce proche du Premier ministre.

bur-lal/sw

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