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Ebola: le Liberia annonce une promesse de livraison du sérum expérimental

11/08/2014 08:54 EDT | Actualisé 11/10/2014 05:12 EDT

Le Liberia, en proie à l'épidémie d'Ebola, a annoncé lundi avoir reçu, à sa demande, la promesse des Etats-Unis de lui livrer des échantillons du sérum expérimental utilisé pour deux Américains atteints de cette fièvre et qui a donné de bons résultats sur des singes.

"La Maison Blanche et l'Agence américaine des médicaments (FDA) ont approuvé la demande du Liberia" de mise à disposition "de doses d'échantillons du sérum expérimental pour traiter les médecins libériens actuellement infectés" par le virus Ebola, a affirmé la présidence libérienne dans un communiqué diffusé dans la nuit de lundi à mardi à Monrovia.

Elle mentionne deux médecins libériens dans ce cas mais ne fournit pas de détails sur eux et le ou les hôpitaux où ils sont admis.

Selon le communiqué, l'accord fait suite à une demande faite par la présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf le 8 août à son homologue américain Barack Obama. Le traitement expérimental doit être apporté au Liberia par un émissaire du gouvernement américain dans le courant de la semaine.

En outre, la directrice exécutive de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Margaret Chan, a autorisé l'envoi au Liberia de doses supplémentaires du sérum expérimental pour contribuer à améliorer le traitement, a encore affirmé la présidence.

Ces échantillons additionnels seront aussi acheminés dans le pays dans le courant de la semaine par des experts de l'OMS, a-t-elle ajouté.

Il n'existe pour l'instant aucun traitement ou vaccin spécifique contre la fièvre hémorragique due au virus Ebola, qui se transmet par contact direct avec le sang et des liquides biologiques de personnes ou d'animaux infectés.

Ces derniers jours, plusieurs Etats ont exprimé le souhait de pouvoir utiliser l'anticorps expérimental dit "ZMapp", développé dans un laboratoire privé aux Etats-Unis et jamais testé sur l'homme auparavant.

Il a été administré à deux Américains infectés au Liberia, qui ont été transférés aux Etats-Unis et mis en quarantaine.

Un prêtre espagnol également contaminé au Liberia a été ramené dans son pays, où il devait bénéficier du sérum expérimental dont l'Espagne a exceptionnellement autorisé l'importation.

Lundi, la société pharmaceutique américaine qui a élaboré le ZMapp a indiqué qu'elle avait expédié la totalité des doses disponibles en Afrique de l'Ouest, sans préciser de pays, assurant que le traitement a été fourni "gratuitement dans tous les cas".

Selon le dernier bilan annoncé la semaine dernière par l'OMS, l'épidémie de fièvre Ebola a déjà causé la mort de plus de 960 personnes sur près de 1.800 cas (confirmés, suspects ou probables), essentiellement en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, quelques cas ayant été recensés au Nigeria, soit un taux de décès d'environ 54%.

Selon un autre communiqué de la présidence libérienne diffusé dans la nuit de lundi à mardi, Mme Sirleaf a par ailleurs ordonné la suspension pour une période d'un mois, des voyages à l'étranger pour une période d'un mois pour tous les responsables étatiques.

Cette décision concerne tous les responsables de tous les ministères, ainsi que des agences, organismes, commissions publiques et de sociétés parapubliques, d'après le texte.

Mme Sirleaf a par ailleurs instruit à tous les responsables étatiques actuellement hors du Liberia - qu'ils soient en mission officielle ou en visite privée - de rentrer dans le pays "dans un délai d'une semaine, sous peine d'être considérés comme en abandon de poste".

Ce communiqué ne fait toutefois pas clairement le lien avec l'épidémie d'Ebola, qui a déjà poussé Mme Sirleaf à instaurer l'état d'urgence sanitaire au Liberia le 6 août puis à placer en quarantaine trois des quinze provinces du pays affectées.

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