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Trêve de 72 heures dans la bande de Gaza

10/08/2014 05:06 EDT | Actualisé 10/10/2014 05:12 EDT
DAVID BUIMOVITCH via Getty Images
A picture taken from the Israeli side of the Israel-Gaza Border on August 10, 2014 shows smoke rising from the coastal side of the Gaza strip following an Israeli military strike. Israel will not return to talks to end the conflict in Gaza while Palestinian militants continue cross-border rocket attacks, Prime Minister Benjamin Netanyahu said. AFP PHOTO/DAVID BUIMOVITCH (Photo credit should read DAVID BUIMOVITCH/AFP/Getty Images)

Une trêve de 72 heures est entrée en vigueur dans la bande de Gaza lundi à 00H01 locale (21h01 GMT), à charge à présent pour les négociateurs de la transformer en trêve durable mettant fin à une guerre entre Israël et le Hamas qui a fait près de 2.000 morts.

La branche armée du mouvement islamiste palestinien Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, a publié un communiqué dimanche soir annonçant avoir tiré plusieurs roquettes vers Israël, dont une sur Tel-Aviv, de type M75, quelques minutes avant le début de la trêve.

Selon l'armée israélienne, ce tir de roquette vers Tel-Aviv n'a pas touché de zone d'habitation.

Dimanche, Israéliens et Palestiniens sont parvenus à un "consensus simultané" sur une trêve lors de discussions indirectes par l'intermédiaire des Egyptiens, a annoncé à l'AFP un responsable palestinien.

"Israël a accepté la proposition égyptienne de cessez-le-feu", a confirmé un responsable israélien à l'AFP quelque temps après.

Le Caire a appelé les deux parties à mettre à profit la trêve pour travailler "à un cessez-le-feu global et permanent".

On ignore les termes de la trêve provisoire conclue dimanche. Les deux camps se sont livré un bras de fer à distance pour accepter ce cessez-le-feu, toujours maintenu quelques heures après son entrée en vigueur.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a salué dimanche le nouveau cessez-le-feu de 72 heures entre Israël et le Hamas, en exhortant les deux parties à travailler sur une trêve de plus longue durée.

M. Ban a exprimé "son fort espoir que cela donne aux deux parties, sous les auspices de l'Égypte, une autre chance d'obtenir un cessez-le-feu durable au profit des populations civiles et un point de départ pour les deux parties d'exprimer leurs doléances", a déclaré son porte-parole.

- Pourparlers intenses -

Israël et une délégation composée du Hamas qui contrôle la bande de Gaza, mais aussi de son allié du Jihad islamique ainsi que du Fatah menaient depuis des jours d'intenses pourparlers pour instaurer une trêve dans les combats qui ont dévasté la bande de Gaza depuis le 8 juillet.

Israël et le Hamas ont engagé ces discussions avec des exigences apparemment inconciliables et la poursuite des tractations a paru très incertaine après l'expiration vendredi d'un précédent cessez-le-feu de trois jours.

Israël a accusé le Hamas d'avoir rompu la trêve en reprenant ses tirs de roquettes. Le Hamas a accusé Israël de refuser d'accéder à des exigences palestiniennes fondamentales, comme la levée du blocus imposé depuis 2006 à la bande de Gaza.

Dans un entretien exclusif accordé à l'AFP, le chef du Hamas, Khaled Mechaal, a répété dimanche que toute trêve durable devait déboucher sur une levée du blocus.

Le nouveau cessez-le-feu de 72 heures "est l'un des moyens ou des tactiques destinés à faire réussir les négociations ou acheminer l'aide humanitaire", a-t-il affirmé ajoutant que "l'objectif auquel on tient est que les demandes palestiniennes soient satisfaites et que la bande de Gaza vive sans blocus".

Depuis vendredi, les hostilités ont repris, sans atteindre l'intensité des jours précédents et se sont poursuivies dimanche faisant au moins sept morts.

En représailles aux tirs de roquettes, l'armée israélienne a pris dimanche pour cibles 41 objectifs. Plus de 170 raids ont ainsi été menés depuis vendredi, a-t-elle dit.

Un adolescent palestinien de 17 ans a été tué par l'une de ces frappes à Deir al-Balah, dans le centre du territoire, ont indiqué les secours locaux. L'armée israélienne a dit avoir supprimé là un "agent terroriste connu".

Six autres Palestiniens, dont un autre adolescent de 17 ans et une femme de 35 ans, ont péri sous les frappes israéliennes. Dix corps de personnes apparemment tuées antérieurement ont été extraits des ruines à l'est de la ville de Gaza.

De leur côté, les combattants palestiniens ont lancé dimanche 35 roquettes, dont 24 ont atteint le sud d'Israël et 8 ont été interceptées par le système anti-missiles Dôme de fer, sans faire de victime, a indiqué l'armée israélienne.

Au total, plus de 130 roquettes ont été tirées de la bande de Gaza depuis vendredi, dont 93 qui ont atterries en Israël et 13 interceptées, a-t-elle dénombré.

"Israël ne négocie pas sous les tirs", a dit le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement.

"Bordure protectrice", l'offensive israélienne, se poursuivra "jusqu'à ce que son objectif soit atteint: ramener le calme (en Israël) pour une longue période", a-t-il ajouté. "A aucun moment, nous n'avons dit qu'elle était terminée", a-t-il insisté en réclamant de la "patience" de la part des Israéliens.

Fort de l'ultra-majoritaire soutien de son opinion à la guerre, M. Netanyahu a fait assaut d'intransigeance dans ses déclarations publiques, refusant de paraître lâcher quelque chose au Hamas. Il s'est en même temps déclaré prêt à voir l'Autorité palestinienne, plus modérée, jouer un rôle.

- Transformer résistance militaire en gains politiques -

Le Hamas, lui, doit convertir la résistance à l'armée israélienne en gains politiques auprès de Gazaouis accablés par les morts et destructions.

"Bordure protectrice", déclenchée par Israël pour faire cesser les tirs de roquettes et détruire le réseau de tunnels servant à des incursions sur son territoire, a fait 1.939 morts palestiniens, selon les secours locaux. Selon l'ONU, près des trois quarts étaient des civils. D'après l'Unicef, au moins 447 des victimes étaient des enfants ou des adolescents.

Côté israélien, 64 soldats et trois civils ont été tués depuis le 8 juillet.

La guerre a aussi eu des répercussions en Cisjordanie, théâtre de manifestations et de heurts avec l'armée israélienne qui se sont soldés par une quinzaine de morts palestiniens. Un enfant palestinien de 11 ans a été tué par l'armée israélienne dimanche dans le camp de réfugiés d'al-Fawar, près d'Hébron, dans des circonstances encore obscures.

my-lal-mib/mf

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