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Le premier ministre turc sortant Recep Tayyip Erdogan est élu président

10/08/2014 09:53 EDT | Actualisé 10/10/2014 05:12 EDT

ISTANBUL - Le premier ministre actuel Recep Tayyip Erdogan a remporté la première élection présidentielle au suffrage universel direct organisée dans ce pays, adoptant un ton conciliant à l'égard de ses détracteurs qui craignent son emprise sur le pouvoir alors qu'il amorcera cinq autres années à la tête du pays.

Alors que les bulletins contenus dans 99 pour cent des urnes avaient été dépouillés, Recep Tayyip Erdogan récoltait 51,9 pour cent des voix, selon des données de l'agence de nouvelles gouvernementale Anadolu, qui comptait des représentants aux bureaux de scrutin à travers le pays. Ekmeleddin Ihsanoglu obtenait 38,3 pour cent des appuis alors que le troisième candidat en lice, Selahattin Demirtas, devait se contenter de 9,7 pour cent des suffrages.

Les résultats officiels sont attendus lundi.

«Je ne serai pas le président uniquement des gens qui ont voté pour moi, je serai le président des 77 millions», a dit M. Erdogan dans un discours de victoire livré du balcon des bureaux principaux de son parti, le Parti de la justice et du développement, ou AKP, à Ankara.

«Aujourd'hui, les gens gagneront encore, aujourd'hui la démocratie a encore gagné, a-t-il lancé à des milliers de partisans. Il s'agit d'une victoire autant pour ceux qui n'ont pas voté pour moi que ceux qui ont voté pour moi, et ceux qui ne m'aiment pas ont gagné tout autant que ceux qui m'aiment.»

Le message d'unité du premier ministre ayant servi trois mandats contraste avec ses propos incisifs en campagne, alors qu'il avait remis en doute l'identité turque d'opposants et avait même accusé son principal rival d'avoir pris part à un complot de coup d'État qui aurait été orchestré par un ancien associé vivant aux États-Unis.

«Je veux construire un nouvel avenir, à partir d'aujourd'hui, dans un cadre de réconciliation sociale, en regardant nos différences comme une richesse, et en mettant de l'avant pas nos divergences mais bien nos valeurs communes», a-t-il déclaré.

Le principal adversaire du gagnant a reconnu sa défaite lors d'une allocution prononcée à Istanbul. Ekmeleddin Ihsanoglu a lancé qu'il se croisait les doigts pour que les résultats soient bénéfiques pour la démocratie en Turquie tout en offrant ses félicitations au vainqueur qui entreprendra un mandat de cinq ans à titre de chef d'État.

Maintenant qu'il a été donné gagnant, Recep Tayyip Erdogan aura les coudées franches pour mettre de l'avant son plan visant à renforcer les pouvoirs du président qui, à ce jour, a joué un rôle largement honorifique.

En Turquie, M. Erdogan domine le paysage politique depuis longtemps à titre de premier ministre et de dirigeant du Parti de la justice et du développement, une formation aux fortes racines islamistes.

Il est détesté des uns et adoré des autres. Ses partisans l'endossent pour avoir su mener la nation turque à travers une période de prospérité économique tandis que ses détracteurs le perçoivent comme un chef de plus en plus autocratique intéressé à jouir d'un pouvoir toujours croissant et à imposer ses positions religieuses et conservatrices dans un pays pourtant reconnu pour sa forte tradition laïque.

En vertu des règles de son parti, il aurait été impossible pour lui d'obtenir un autre mandat à titre de premier ministre.

Par le passé, les présidents de la Turquie étaient choisis par les parlementaires. Or, le gouvernement mené par Recep Tayyip Erdogan a milité en faveur d'un amendement constitutionnel pour changer la donne.

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