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La Birmanie a encore d'"importants défis" à relever (Kerry)

10/08/2014 08:42 EDT | Actualisé 10/10/2014 05:12 EDT

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a souligné dimanche que la Birmanie avait encore d'"importants défis" à relever sur la voie de la démocratie, promettant le soutien de Washington pour poursuivre les réformes.

"Malgré les progrès, il y a évidemment beaucoup de travail à faire", a-t-il déclaré dans la capitale Naypyidaw, soulignant qu'il ne fallait pas "fermer les yeux" sur les "importants défis" restant à relever au cours de cet "extraordinaire voyage".

Il a également promis lors d'une conférence de presse de travailler "main dans la main" avec la Birmanie pour l'aider dans ses réformes.

M. Kerry a souligné qu'il avait eu samedi des discussions "très franches" avec le président Thein Sein, en marge d'une réunion de l'Association des nations d'Asie du sud-est (Asean) élargie à ses partenaires clé.

Il a notamment évoqué l'arrestation de journalistes, les élections cruciales de 2015 et la question sensible des minorités ethniques, notamment en Etat Rakhine secoué par des violences meurtrières entre bouddhistes et musulmans.

"Les élections de l'an prochain seront un moment de référence pour que le monde puisse évaluer dans quelle direction va la Birmanie", a-t-il ajouté.

Le parti de la chef de l'opposition Aung San Suu Kyi est donné largement favori de ces législatives, si elles sont libres et justes.

John Kerry a d'ailleurs rencontré dimanche soir à Rangoun la prix Nobel de la paix. Il a souligné que "sa voix est très importante" pour le pays, selon un responsable américain.

Depuis la dissolution de la junte en mars 2011, le gouvernement du président Thein Sein a multiplié les réformes économiques et politiques, poussant à la levée de la plupart des sanctions occidentales.

Des centaines de prisonniers politiques ont été libérés, la censure a été abolie, et Aun San Suu Kyi, privée de liberté par l'ancienne junte pendant près de quinze ans, est devenue députée.

Mais plusieurs vagues de violences entre musulmans et bouddhistes ont fait plus de 200 morts et 140.000 déplacés depuis 2012 en Etat Rakhine, dans l'ouest, avant de s'étendre à d'autres régions, en parallèle avec une montée d'un bouddhisme radical.

D'autre part, malgré le lancement de discussions de paix avec les groupes rebelles des minorités ethniques, des combats sporadiques se poursuivent entre l'armée et les rebelles de la minorité kachin dans le nord du pays.

L'arrestation de plusieurs journalistes et la condamnation en juillet de cinq d'entre eux à dix ans de prison pour un article accusant un complexe militaire de produire des armes chimiques font également craindre un retour en arrière en matière de liberté de la presse.

Mais le président Thein Sein a promis lors de sa rencontre avec John Kerry qu'il n'y aurait pas de "retour en arrière", selon le quotidien officiel New Light of Myanmar.

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